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ÉDOUARD PAGÉ, BOULANGER À SAINT-SAUVEUR

Par Lucien Galipeault


Fils de Magloire Pagé et d'Olivine Desjardins, Edouard est né à Saint-Sauveur le 30 mars 1893. Le lendemain de sa naissance, il est présenté aux fonds baptismaux où il est reçu membre de l'église catholique par le curé Philibert Saint-Pierre. La cérémonie du baptême s'est déroulée dans la vieille chapelle de bois en présence de la marraine, Ésupée Desjardins et du parrain Isaac Filiatrault.



En 1904,dans un tout nouveau temple, il fait sa première communion. De retour de l'église, il apprend que sa mère vient de mourir. En 1910, alors qu’il n'a que dix­ sept ans, il entreprend l'apprentissage de son futur métier, au côté de M. Ubald Gauthier, boulanger de la rue Drolet, à Montréal.


Entre le désir de suivre ses amis dans l'Ouest Canadien et commencer une carrière de boulanger, à Saint-Sauveur, il hésite. Devant l'insistance du boulanger Gauvreau de la rue de l'Eglise, il s'engage pour un an, histoire de mettre son apprentissage à profit.


En 1912, même s'il voit son patron se tuer à la tâche, même s'il est conscient que monsieur Gauyreau ne cuit que 300 pains par semaine, Édouard, dans la fougue de ses vingt ans, décide d'acheter la boulangerie où il est employé. La demoiselle qu'il courtise n'est pas étrangère à sa décision. Trois ans plus tard, en 1915, le jeune propriétaire, dans novembre 1963 l'église paroissiale sise en face de son commerce, épouse Agnès Léonard, fille d'André Léonard et de Marguerite Foisy.


Des débuts difficiles

Au lendemain de la Grande Guerre, les prix se mettent à grimper follement. Les pommes de terre si nécessaires à la fabrication du pain atteignent les sept dollars la poche (sac). Pris de court par l'augmentation des produits de base, les boulangers commencent à utiliser la levure.



Dès lors, la fabrication du pain devient moins onéreuse. Toutefois, cet adoucissement n'enlève rien à la tâche de fendre annuellement de 40 à 50 cordes de bois pour chauffer le four à pain, ni à l'obligation d'atteler la jument au petit jour pour livrer, jusqu'à Sainte­Agathe et à Morin-Heights, le produit de la dernière fournée.


Plus tard, l'utilisation du mazout à la place du bois vient faciliter la vie du boulanger. L'argent n'entre pas plus pour autant et Édouard a plus d'une bouche à nourrir: 4 garçons et 4 filles qui veulent faire des études supérieures.


Avec la fin de la guerre, les prix grimpent à nouveau. D'autre part, les affaires deviennent de plus en plus alléchantes. Le tourisme, dont le curé Desjardins a tant parlé, augmente dans les Laurentides. Après leur journée d'activités, les sportifs réclament du pain. Le mot se répand que le pain de Pagé met en appétit. Le vent tourne rapidement et fort heureusement, il souffle du bon bord pour la boulangerie Pagé.



En 1949, Édouard et ses deux fils, Bernard et Philippe, se rendent à l'évidence qu'il faut procéder à l'engagement d'une autre personne pour les seconder. Édouard engage Patrick Goyer qui a une bonne connaissance du travail à exécuter dans une boulangerie. Cette expérience, il la doit à Mastaï Beauséjour pour qui il a travaillé à l'angle des rues Principale et Saint-Denis. La boulangerie a donc son livreur. La <<ronde>> qui, très souvent, dure toute la journée) se fait d'abord avec une voiture tirée par un cheval. La clientèle continuant d'augmenter, le territoire à parcourir s'agrandissant, le cheval est remplacé par un camion.


En 1963, Édouard Pagé vend son entreprise à Bernard et à Philippe, deux de ses fils, qui l'ont secondé depuis très longtemps.


1 NdR: M. Philippe Pagé se rappelle qu'après l'achat du «FORD à pédale», le cheval ne servit plus que durant l'hiver parce que les chemins ne pemtettaient pas l'usage de véhicules automobiles durant cette saison.


Implication sociale d'Édouard Pagé


Tout en dirigeant son entreprise, le boulanger s'implique dans le domaine scolaire. Ex-président de la Commission scolaire de Saint-Sauveur, il se dépense sans compter pour obtenir des autorités gouvernementales l'autorisation de faire construire le «1collège» des garçons 2. Ses efforts sont récompensés puisque, le 9 janvier 1949, M. le curé Toupin bénit la nouvelle bâtisse qui, jusqu'en 1995, portera le nom de: ÉCOLE SAINT-ÉDOUARD, en souvenir du notable personnage que fut ÉDOUARD PAGÉ.


Retraité, fatigué et malade, Édouard Pagé s'éteint le 15 novembre 1976 à l'âge de 83 ans.





2 Lors du même entretien, M. Philippe Pagé se rappelait tout le travail que pouvait signifier la décision de centraliser les écoles de rang et de trouver de l'espace pour tous les enfants d'une population grandissante et pour les enfants des anciennes écoles du Grand Ruisseau, de Christieville, de Piedmont et de partout dans les rangs du grand Saint-Sauveur...


NdR - MV Louis Forget nous a fait parvenir une série de corrections qui changent les généalogies présentées dans notre cahier numéro 66 et qui touchent la famille Pagé et surtout sa propre famille. Il nous demandait de faire les corrections advenant une réimpression de ce cahier . Nous le ferons certainement. Mais pour marquer notre grande affection envers ce travailleur de la première heure de toutes les recherches historiques sur notre région immédiate, nous reprenons avec les corrections suggérées les tableaux des familles Pagé et Forget. Merci à MV Louis Forget.


Magloire Pagé 1853-1946 marié à Olivine Desjardins en 1875



LM-067-06

 
 
 

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