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Un mot d’histoire

Par André Joncas, ex-président de la SHPH


Les Compagnons de la Chanson à Saint-Sauveur


Nous sommes le 24 décembre 1848, au restaurant La Vache qui rit, propriété de Paul Dandurand. Paul était le fils de Léo Dandurand, figure légendaire du monde sportif car il avait été le premier propriétaire du club de hockey le Canadien et cela durant près de 27 ans. L’un de ses fils, Paul avait donc ouvert un restaurant au pied de la Côte 69. Plusieurs personnalités artistiques fréquentaient cet endroit: la très jeune artiste de la scène: Suzanne Avon ainsi que la fille du regretté comédien Henri Poitras, André Poitras, Thérèse Beaulieu de Saint-Sauveur qui devait voir la fille devenir Miss Canada dans les années 60 et je m’en voudrais d’oublier Les Chevaliers de la table ronde dont le grand manitou était nul autre que Walter Oleary, le frère de Dostaler Oleary, le journaliste.



Tout ce beau monde se retrouvait, la veille de Noël 1948 avec les Compagnons de la Chanson qui en étaient à leur première tournée au Québec.


Je ne puis me souvenir à quelle occasion l'on avait eu cette chance de les avoir parmi nous. Probablement avec la complicité des deux comparses Paul et Walter.

Qu'importe, l'essentiel était qu'ils avaient décidé de chanter ce soir-là, après la messe de minuit, à celle de l'aurore. Je crois qu'ils furent les premiers artistes à se produire dans notre église.


Après leur départ pour la France, nous perdîmes Suzanne Avon qui allait épouser l'un des Compagnons, Fred Mello. Par contre nous avons gagné au change avec la venue d'un autre Compagnon, Paul Buissonneau, qui a été à l'emploi de la ville de Montréal avec son théâtre La Roulotte durant plusieurs années. De plus, il est un comédien de talent qui enseigna les secrets de la mise en scène et forma plusieurs de nos vedettes d'aujourd'hui.


Ma première émeute


Par André Joncas, ex-président de la SHPH


Il ne s'agit pas de l'émeute du Forum, au sujet de Maurice Richard lors de sa suspension. Cela s'est passé ici même à Saint-Sauveur, la veille du Jour de l'An de 1949. Tout avait débuté normalement, les trains de skieurs ayant quitté la gare de Piedmont, une horde de joyeux lurons se préparaient à fêter la venue de la nouvelle année dans la joie.


À la gare de Saint-Sauveur, située à l'intersection de l'actuel boulevard Jean-Adam et de la rue de la Gare, le train du Canadien National arrivait de Montréal dans l'après-midi, bondé de skieurs qui avaient déjà commencé à fêter la fin de l'année. La rue de la Gare était noire de monde. La plupart des skieurs avaient chaussé leurs skis tandis que d'autres, les skis sur l'épaule, remontaient tant bien que mal, vers la rue Principale.


Pour plusieurs, c'était l'heure de casser la croûte et ils avaient choisi <<le restaurant Saint-Sauveur>>, propriété d'Ernest Bastien alias «Ti-Noir». D'autres s'étaient retrouvés au restaurant de Léo Blanchard situé en biais de l'actuel «Accroche-Cœur». C'était l'époque des skieurs pas trop riches, le temps où l'on apportait son lunch au grand désarroi des restaurateurs. Monsieur Blanchard affichait : "Défense à quiconque d'apporter son lunch". À mon souvenir, la même chose s'est déjà produite au Mont Saint-Sauveur.


Pour ceux qui aimaient prendre une collation, les hôtels ne manquaient pas. Le

<<Pub>>, par exemple, était l'endroit touristique le plus populaire dans notre village. (La banque Nationale et le Club La Toison d'Or occupent maintenant le terrain où se tinrent plusieurs bagarres mémorables. Mais aucune ne peut égaler celle du premier de l'an 1949.


La veille du Jour de l'An vers 22 heures un groupe de joyeux fêtards en viennent aux coups. La bière n’aidant pas la cause, une bataille générale surgit à coup de poings et de bouteilles. Le gérant fit appel à la force policière dont le chef était un ex-policier de la ville de Montréal, secondé par les St-Denis, les Lamoureux, les Trottier et par les Flynn.


La photo de couverture  venait du CPR. Celle-ci du CNP. Peut-on penser que ces calmes touristes vont participer à l’émeute que nous rappelle André Joncas. Comme il le dit, ce doit être la faute au Houblon.
La photo de couverture venait du CPR. Celle-ci du CNP. Peut-on penser que ces calmes touristes vont participer à l’émeute que nous rappelle André Joncas. Comme il le dit, ce doit être la faute au Houblon.

Tout ce beau monde se retrouva au milieu de la bagarre : coups de garcette par-ci par-là. Au Poste les amis! Ils se sont tous retrouvés à l'extérieur, dans l’escalier du côté de la rue de la Gare et ont déboulé en bas, garcettes en l'air, sans trop d'ecchymoses.


Entre-temps, la police à Duplessis avait été dépêchée au Pub, deux constables en tout, vêtus de leur uniforme d'équitation. Le plus petit des deux est monté sur une table et du haut de sa grandeur sommait les fêtards de se tenir tranquilles, car son collègue et lui allaient revenir à minuit.


Si les policiers croyaient vraiment avoir la situation en main ils se trompaient. La bataille recommença de plus belle. Le policier debout sur la table en perdit sa cravache,

celle-ci fut retrouvée pliée en deux vers trois heures du matin sur la rue Principale. Leur présence avait réchauffé les esprits déjà troublés par l'alcool. Témoin oculaire de ces fâcheux incidents, je décidais d'aller faire un tour ou poste de police ou plutôt à la prison située sur la rue Lafleur au nord de la rue Principale. J'y fus reçu par Monsieur Chartier engagé ce soir-là en guise de geôlier. La radio jouait à tue-tête. Lorsque je m'approchai de l'unique cellule, elle était pleine à craquer et on continuait de se tapocher.


L'atmosphère était déprimante. Je trouvai une excuse pour déguerpir ou plus vite et suis allé rejoindre mon père qui travaillait au restaurant Blanchard. Un groupe de plusieurs centaines de personnes avait déjà envahi la rue Lafleur, demandant que l'on relâche les détenus, ce qui fut fait vers cinq heures du matin. Je me souviendrai toujours du 1ᵉʳ de l'an 1949. Cette émeute n'a pas fait la une des journaux mois, elle restera à jamais imprimée à mon souvenir. On pourrait lui donner un nom comme l'émeute du Houblon, cuvée 49 !



Très joyeux Noël et excellente année


LM-072-26

 
 
 

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