LES ORIGINES DE LA PAROISSE DE SAINT-SAUVEUR-DES-MONTS
- 26 nov. 2025
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LES ORIGINES DE LA PAROISSE DE SAINT-SAUVEUR-DES-MONTS
Son premier curé - chicane de clocher - construction de la chapelle du presbytère - premier bedeau - premiers chantres aux offices religieux - le curé de Saint-Sauveur est aussi curé de Sainte-Adèle - trois documents tirés des archives de la Fabrique.
Saint-Jacques de l'Achigan, puis, il devint curé de Saint-Sauveur-des-Monts, alors nommé la Mission de la Circoncision, et jusque-là desserte de la paroisse de Saint-Jérôme. Le décret de l'érection canonique de la Le premier curé de Saint-Sauveur-des-Monts, l'abbé Julien-Gédéon Watier (1853-1856) était né aux Cèdres dans le diocèse de Valleyfield. Ordonné prêtre à Montréal le 5 septembre 1850, il exerça son ministère comme vicaire à paroisse de Saint-Sauveur, fut signé à Montréal, le 10 février 1854 par Mgr J.-O. Paré, chanoine, secrétaire.
MM. Moïse et Jean-Baptiste Desjardins firent don à perpétuité d'un terrain de deux arpents par quatre de profondeur, dans le village (Côte Saint-Lambert), pour les besoins de la future chapelle (25 décembre 1850), en présence du notaire Joseph Filiatrault et ses syndics, M. Simon Charbonneau, entrepreneur, s'était engagé à construire la chapelle pour la somme de 280 livres (environ $1,100.). La dissension s'établit alors chez les paroissiens, chaque groupe plaidant sa cause pour avoir la chapelle du voisinage. La rivalité était forte. Qui l'emporterait?
Piedmont s'était formé en village avant Saint-Sauveur et c'est à Piedmont qu'on trouvait le premier marchand, le premier hôtel, le premier médecin et le premier notaire. Les citoyens de Piedmont réclamaient l'église au "village d'en bas".
Les habitants de Saint-Sauveur, eux, s'appuyaient sur l'argument géographique qui les favorisait.
Après maintes rencontres et discussions pour le moins fort animées, les deux partis convinrent de faire arpenter le territoire entier de la paroisse et de placer l'église au centre de ce territoire. À la grande surprise de tous, le centre du territoire se trouvait au lac Millette, juché sur une montagne alors presque inaccessible ! Les deux partis jetèrent bas les armes, refusèrent de bâtir sur le site désigné comme CENTRE du territoire (soit le lac Millette), et finalement le site de Saint-Sauveur-Village prévalut.
La chapelle fut achevée en août 1853 et l'abbé Ephrem Thérien, curé de Sainte-Adèle et desservant de Saint-Sauveur depuis un an, célébrait la première messe dans la nouvelle chapelle.
Mais, Saint-Sauveur était encore sans curé. Présumant l'arrivée prochaine d'un pasteur dans cette nouvelle paroisse, M. Thérien avait présidé, le 14 août 1853, l'élection des marguilliers de la paroisse de Saint-Sauveur. MM. Raphaël Paquet dit Valade, Calixte Viau et Isidore Charbonneau furent élus. Fait courant à cette époque, ces trois marguilliers ne savaient pas signer leur nom. Au bas du premier acte des archives paroissiales de la nouvelle Fabrique, on remarque les signatures de trois autres personnages: J.-N. Givoque, Paul Filion et H. (Hilaire) Choall dit Saint-Jacques.
Le 6 novembre 1853, on décida de construire un presbytère, bâtisse en bois, mesurant 30 pieds sur 40. Puis, l'année suivante, on assurait les biens de la Fabrique contre l'incendie: l'église, pour les fins de l'assurance, valait 600 livres, la sacristie 50 livres, le presbytère 50 livres. (1)
Le 31 décembre 1854, syndics, marguilliers et francs-tenanciers adoptèrent une résolution à l'effet d'acheter de François Gauvreau un chemin contigu à son terrain "afin de supprimer celui qui divise le terrain de la Fabrique". À l'époque, ce chemin de "montée" (aujourd'hui, avenue de l'Église) passait entre l'église et le presbytère.
Durant la première année complète de son ministère, soit en 1854, le curé Watier rédigea 136 actes officiels: 101 baptêmes, 10 mariages, 25 sépultures. En février 1855, Sainte-Adèle perdait son premier curé, l'abbé Thérien, et l'évêque ne lui nommait pas de remplaçant. M. Watier devint desservant de Sainte-Adèle tout en demeurant curé de Saint-Sauveur, avec "charte de desservir à tour de rôle les deux paroisses". Cette situation pénible pour tous persista pendant neuf mois, après quoi, sur les instances du curé Watier, Mgr Bourget nomma un nouveau curé à Sainte-Adèle.
En quittant Saint-Sauveur, à l'automne de 1856, M. Watier fut nommé curé de la paroisse de Saint-François-de-Sales (Île Jésus) où il mourut en 1892.
(1) La livre valait alors environ $4.00 canadiens.
Trois documents tirés de la Fabrique de Saint-Sauveur-des-Monts
Note: la lettre S signifie Sépulture, la lettre B signifie Baptême, la lettre M signifie Mariage
Première sépulture S.1 Prud'homme, Philomène
Ce premier octobre, mil huit cent cinquante-trois, nous prêtre soussigné, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Philomène, décédée avant-hier, âgée de deux ans, enfant de Michel Prud'homme et d'Émélie Lemai, de cette paroisse. Présents: Charles Maillé, Alphonse Desjardins qui n'ont pu signer.
J.G. Watier, ptre
Premier baptème B.1 Gauthier Joseph
Ce quatre octobre, mil huit cent cinquante-trois, nous prêtre soussigné, avons baptisé Joseph, né hier, du légitime mariage de Michel Gauthier, cultivateur, et de Rosalie Peltier, de cette paroisse. Parrain, Joseph Sigouin; marraine, Marguerite Peltier qui n'ont pu signer.
J.G. Watier, ptre
Premier mariage M.1 Joseph Bisson et Célina Manciot
Ce dix-sept octobre, mil huit cent cinquante-trois, après la publication de trois bans de mariage faite au prône de nos messes paroissiales, entre Joseph Bisson, cultivateur, domicilié en notre paroisse, fils majeur de Joseph Bisson et de Clémence Diotte de cette paroisse d'une part; et Célina Manciot dite Désormeaux, fille mineure d'Augustin Manciot dit Désormeaux et de Marguerite Pontus dite Clérmont de cette paroisse d'autre part, ne s'étant découvert aucun empêchement, nous, prêtre soussigné, curé de cette paroisse, du consentement des parents de l'épouse, avons reçu leur mutuel consentement en présence de Joseph Bisson, père de l'époux et d'Augustin Manciot dit Desormeaux, père de l'épouse, et de plusieurs autres qui n'ont pu signer.
J.G. Watier, ptre

LM-021-05




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