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Les moulins à scie de la région


Note de la Rédaction


Les premières informations qui vous sont présentées aujourd'hui ont été colligées par une équipe de la Société d'histoire de Sainte-Marguerite et d'Estérel, suite à un mandat donné par leu, assemblée générale. Cette équipe comptait Régine Desloges Ouimet, Maurice Racette. François Masson, Rolland Clermont. Marcel Lecault et Yves Bruchési. En voyant le nom de Régine Desloges, je me suis rappelé d'une photo relativement ancienne où elle apparaissait avec Marie Parent à sa droite.



Il n'est pas surprenant que l'industrie du bois ait pu progresser à Sainte-Marguerite, dans le royaume des Masson. Le fondateur de Sainte-Marguerite, en effet. a été l'exception à la règle, ayant obtenu le droit (et possédant la force politique de le faire) d'entrer en concurrence avec les trusts du bois, Ailleurs dans le territoire, les industriels du bois ont constitué une très puissante organisation qui défendait opiniâtrement son monopole. Monsieur Masson semble avoir pu utiliser et pu disposer complètement de la forêt dans son domaine contrairement, par exemple, aux Coutu de Saint-Donat dont nous avons parlé dans le cahier 59. Une telle liberté me paraît donc 11exception dans l'histoire de la colonisation du Nord.


On a suggéré d1étudie, le moulin Masson, le moulin Forget, le moulin Pépin, le moulin Charbonneau, le moulin Villeneuve (Eagle Lumber), le moulin Régis Deslauriers et le moulin Miron. François Masson, Maurice Racette, Rolland Clermont et Yves Bruchési ont visité les sites de ces moulins disparus. Il ne reste malheureusement rien qui puisse attester de leur présence dans nos cantons. C'est pourquoi il était important d'enregistrer les souvenirs et de profiter de la mémoire de ceux qui ont vu ces moulins en pleine opération.


Histoire des moulins à scie de Sainte-Marguerite et de la région


Par Yves Bruchési


Édouard Masson de la riche et importante famille des seigneurs de Terrebonne a obtenu des privilèges importants dont celui d1utiliser les produits de la forêt. Il faisait partie de l'élite un peu mystique qui a lancé la conquête du Nord pour empêcher la nation française du Québec de partir au complet pour les États-Unis.1 c'est donc par son moulin que nous commencerons l'étude que nous a demandé la Société d1histoire comme le rappelait plus tôt le rédacteur des Cahiers.


Le moulin Masson

M. Masson a vite doté la jeune municipalité d'un moulin à scie et M. Villeneuve fut probablement choisi par lui pour diriger cette entreprise.


Cet homme énergique dut ainsi organiser les coupes de bois nécessaires pour alimenter le moulin. li le fit surtout par l'entremise de contracteurs de coupe de bois sur les terres privées.


Drave sur le lac Masson vers 1900. Photo prise du coin de l'église vers les Cascades. Carte postale d'époque. Archives de la Société d'histoire locale.
Drave sur le lac Masson vers 1900. Photo prise du coin de l'église vers les Cascades. Carte postale d'époque. Archives de la Société d'histoire locale.

Gérard J. Brault, dans son volume The French Canadian Herjtage in New England, publié par les Presses de la New England Université (Hanover et London) et les presses des universités McGill et Queen's (Kingston et Montréal) rappelle que le recensement de 1960 situe à près de 13 millions le nombre des descendants des émigrés qui ont quitté le Québec avant que l'ouverture des paroisses du Nord ne viennent ralentir l'exode vers ales États».



Le monde passait ainsi l1hiver dans le bois, à faire chantier. Monsieur Villeneuve a aussi fait affaire avec de gros entrepreneurs qui avaient déjà des droits acquis avant l1arrivée de M. Masson. Ainsi la Eagle Lumberde M. Bock avait fourni du bois.


Quant à être chargés, allons jusqu'au moulin.
Quant à être chargés, allons jusqu'au moulin.


Ces coupes de bois se faisaient en hiver. Dans les premières années1 le bois était empilé sur les glaces du lac jusqu'au printemps où les draveurs le flottaient jusqu'au moulin. Cette méthode utilisée ailleurs sur les rivières fut bientôt jugé trop lente et trop couteuse en temps et en bois perdu au fond du lac. Quand elles étaient chargées, les sleighs pouvaient tout simplement aller décharger directement au moulin en utilisant les chemins sur la glace. Ces chemins étaient bien entretenus et balisés d'épinettes comme se le rappellent les vieux de la place. Quelques belles photos anciennes témoignent de cette méthode.


Le moulin Masson était situé côté sud-est du pont de Sainte-Marguerite sur le chemin Masson, sur le terrain que devait ensuite occuper la maison de madame Félix. C'est aussi l'emplacement qui allait servir à installer le fameux restaurant des Comellas dont les Cahiers ont souvent parlé: La Villa du Lac2 avec sa plage et son débarcadère.


La Villa du Lac avec sa plage et son débarcadère.
La Villa du Lac avec sa plage et son débarcadère.

Le moulin Forget


Ce moulin était situé à la décharge du lac Masson, à côté du barrage qui sépare le lac Dupuis du lac Masson. Le moulin fonctionnait à partir du pouvoir hydraulique de l'eau qui s'échappait de la dame... On croit qu'il produisait surtout du bois de construction.


Nous ignorons encore la date de son installation, combien de temps il a été en opération et la date de l1arrêt des opérations.


Toutefois nos lecteurs se rappellent que c'est l'emplacement que Polydore Gauthier avait acquis de M. Forget avec quelques bâtiments y érigés et où il a bâti sa première auberge au village.


Le docteur Robert Lavigne, président de ta Société d'histoire de Sainte-Marguerite et de l'Estérel a fait une recherche sur les achats du baron Louis-Jean Empain pour acquérir le tour du lac. Pour le terrain qui nous occupe le contrat a été passé le 26 juillet 1935 devant Me Lionel Leroux et porte le numéro 109861 La chaine de propriété s'établissant ainsi:

12 décembre 1890: vente de la succession J.-Édouard Masson à Louis Brière,

12 septembre 18:92: vente de Louis Brière à J.-O. Villeneuve et Léonidas Villeneuve ( L. Villeneuve et Cie,)

27 juillet 1007vente de J.-O. Villeneuve à J.-Arthur Villeneuve,

15 février 1=09 vente de Léonidas Villeneuve à J.-Arthur Villeneuve,

25 janvier 1912 et 18 septembre 1912 vente de J.-Arthur Villeneuve à Michel Théodore Lefebvre Senior, septembre 1921 vente de Michel Théodore Lefebvre Senior à son épouse Marie-Louise Mathilde Sylvestre,

8 octobre 1921 vente de Michel Théodore Lefebvre Senior à Michel Théodore Lefebvre Junior et autres enfants,

26 juillet 1Sl5 vente de Marie-Louise Mathilde Sylvestre, veuve de Michel Théodore Lefebvre Senior au baron Lmpain.


Celle-ci comptait 4 ou 5 chambres seulement1 la gérance de l'établissement fut confiée au fils Gauthier, Ernest. Celui-cl devait en devenir éventuellement propriétaire, l'agrandir et le faire prospérer avant de confier à son tour, l'hôtel agrandi et beaucoup modifié à Gilles son fils. Celui-ci administra donc l'hôtel Belmont de 1948 à 1968.


Le pont Rouleau à ta jonction des lacs Masson et Dupuis.
Le pont Rouleau à ta jonction des lacs Masson et Dupuis.

Le moulin Pépin


Louis Pépin installa son premier moulin au rang 9. On croît que ce premier moulin était opéré à la vapeur. Il passa malheureusement au feu après quelques années d'opération.


Par la suite, Louis Pépin se rapprocha du village. Comme les entrepreneurs de l'époque, il attachait une grande importance au pouvoir hydraulique, et il trouva l'endroit idéal sur la rivière Bras-est, à la limite des terres d'Armand Racette. Il était maintenant sur le rang 7, lots 21 et 22.3


Un visite de l'endroit choisi par Louis Pépin révèle que les rapides encadrés de chaque côté par d'immenses rochers se prêtaient merveilleusement à l'implantation d'un moulin. Nul doute que ces rochers ont servi à soutenir efficacement le barrage qu'il y construisit pour harnacher le pouvoir d'eau qui servit à opérer son moulin.


Le barrage assurait une réserve d'eau qui devenait une source fiable de pouvoir pour ses opérations de sciage.


Pierre-Paul Lecaurt. gendre d'Armand Racette se rappelle que Raymond Pépin pouvait bâtir son moulin et s.on barrage mais sans posséder le fond de terre qui devait revenir aux recette advenant la cessation des o rations •Sans autre formalité:,. Quand les Racette ont repris le terrain après les démarches du notaire Léonard. Alfred Trempe et Joseph Longtin avaienl déjà bâti maison. Ces deux occupants reçurent les terrains sans rien débourser à Armand Racette qui ne voulait pas -mettre dehors ses compagnons de travail depuis toujours au moulin à scie».

De plus la rivière servait de chemin pour alimenter, par la drave, les opérations de son entreprise. Nous avons en main une superbe photo du barrage et du moulin. Elle est cependant déjà parue dans nos Cahiers.


La drave alimenta l'entreprise.
La drave alimenta l'entreprise.

Moulin Villeneuve (Eagle Lumber)


Ce moulin de la compagnie Villeneuve s'associa plus tard à la compagnie Eagle Lumber. 11 fut installé lui aussi sur la rivière Bras-es( mais, cette fois en aval du pont du chemin Sainte­ Marguerite. Ce complexe industriel comprenait en fait deux moulins: un gros moulin conventionnel pour fabriquer le bois d1oeuvre et un plus petit qui lui, produisait des bardeaux et des planches recourbées servant à la fabrication de barils de bois.


Le moulin Villeneuve (Eagle Lumber).
Le moulin Villeneuve (Eagle Lumber).

L'installation se trouvait au confluent de la décharge du lac Masson avec la rivière Bras-est, près du chemin Saint-Amour et de la propriété de Léa Longtin. Régis Deslauriers vit à la direction de ce moulin jusqu'à sa fermeture vers 1927-1930. Cette fermeture fut causée par la rareté du bois et son prix véritablement exorbitant.


Le moulin resta un temps inexploité. À un moment donné toutefois, les frères Pépin qui rencontraient des difficultés d'opération sur le site où ils opéraient leur moulin achetèrent le moulin Eagle. Mais ils devaient connaître les mêmes difficultés d'approvisionnement en bois et durent fermer ce moulin.


Deuxième pont sur le Bras-est aujourd'hui le pont Lionel-Bertrand. La maison de René McGuire et de son épouse Délicia Landreville a été transportée à Deauville. Pierre-Paul Lecault nous a parlé de la difficulté de l'entreprise.
Deuxième pont sur le Bras-est aujourd'hui le pont Lionel-Bertrand. La maison de René McGuire et de son épouse Délicia Landreville a été transportée à Deauville. Pierre-Paul Lecault nous a parlé de la difficulté de l'entreprise.


Le moulin Charbonneau


Le grand moulin de la Eagle lumber et des frères Pépin ayant été détruit, Romuald Charbonneau décida, en 1935, d'acheter le petit moulin. La banque Royale en était propriétaire et le lui céda volontiers. Ce moulin ne se servait plus du pouvoir hydraulique, étant mû par un moteur à l'huile. Il le transféra à environ 1500 pieds de sa location première pour avoir plus de place pour ranger le bois produit et pour accumuler le matériel nécessaire à l'exploitation.


La famille de Romuald Charbonneau; de gauche à droite: Philippe, Arthur et sa fille Annette, un enfant non identifié, Romuald, Gérard, Gaston Morin, un enfant non identifié et Fernand.
La famille de Romuald Charbonneau; de gauche à droite: Philippe, Arthur et sa fille Annette, un enfant non identifié, Romuald, Gérard, Gaston Morin, un enfant non identifié et Fernand.


Romuald Charbonneau ayant converti le moulin pour produire du bois de construction! réussit à le maintenir en opération pendant 11 ans. Toutefois à son tour, il fut forcé de discontinuer ses opérations en 1946.


Romuald Charbonneau avec son fils Philippe et possiblement sa petite fille Aline.
Romuald Charbonneau avec son fils Philippe et possiblement sa petite fille Aline.


Romuald Charbonneau quitta Sainte-Marguerite pour s'installer à Sainte-Adèle où il acquit le moulin Laroque; un moulin situé sur la rivière aux Mulets, en face des terres des Guesthier sur le chemin Sainte-Marguerite.


Ce n'est que 1O ans plus tard, en 1956, qu'il réussit à vendre l'immense terrain du moulin Villeneuve Eagle Lumber qu'il possédait depuis 1935.


Le moulin Charbonneau - g.à d.: Philippe, un cousin dont on ne sait le nom et Gérard, décédé en 1996.
Le moulin Charbonneau - g.à d.: Philippe, un cousin dont on ne sait le nom et Gérard, décédé en 1996.


Un moulin typique de Sainte-Marguerite dont le nom nous est inconnu.
Un moulin typique de Sainte-Marguerite dont le nom nous est inconnu.



Moulin Deslauriers


Régis Deslauriers, malgré la récession, avait cru bon de tenter sa chance, récession ou non. Il installa donc un moulin opérant à la vapeur sur la rive sud-est du Bras-est, près du pont du chemin Sainte-Marguerite.4


Les conditions financières de l'époque, loin de s'améliorer, empirèrent, et Régis Deslauriers, à son tour, dut s'avouer vaincu.



4 Pierre-Paul Lecault pense que c'était sur le terrain des Villeneuve.


Moulin Jos Riopel au Lac Violon


C'est en assistant à la conférence de la Société d'histoire de Sainte-Marguerite et d'Estérel sur le développement du Lac Clair que nous avons appris l'existence d'un moulin à scie au lac Violon.


En effet, ce moulin qui était la propriété de Jas Riopel fut en opération durant l'installation ou le développement du lac Clair jusqu'en 1940.


Ce moulin qui produisait du bois de construction était opéré par la puissance hydraulique provenant de la décharge de deux lacs appelés Lacs à foin de cette région.


Moulin Miron


Beaucoup plus tard, en 1945, lorsque Jean Miron revint de la guerre, il décida de se lancer en affaires en exploitant un moulin à scie pour le bois de construction.


Il choisit d'installer ses opérations à la sortie nord du village sur un terrain bordant le chemin Masson qui mène à Entrelacs (qui s'appelait alors Saint-Émile).


Son moulin était opéré par un moteur Nash à combustion de pétrole. Sans aucun doute, Jean Miron connut un certain succès car il garda son entreprise pendant 1O ans.


C'est en 1955 qu'il vendit son moulin à Ludger De Repentigny demeurant à Sainte-Adèle.



Ne pensez-vous pas, M. le Curé, qu'il serait préférable de garder toutes ces belles forêts vierges pour l'exploitation du bois de commerce?


Par le Dr Wilfrid Grignon

Note de la rédaction


Après le texte de Yves Bruchési, je touchais du doigt l'avantage de mieux profiter du bois des Laurentides... Je revoyais aussi la remarque que j'ai faite en reliant la colonisation du Nord au besoin organique de notre peuple d'empêcher la saignée de l'émigration vers les États-Unis. Pour ma part, je suis certain que le Curé Labelle a envisagé d'occuper nos ancêtres à autre chose que de vivoter sur des terres de roches.


Mais les droits sur les coupes de bois étaient concédées depuis longtemps et s'étaient avérées très lucratives surtout au moment des guerres du début du siècle où l'Angleterre, pour assurer la sécurité des approvisionnements avait garanti le prix fort pour toute la production. S'attaquer à ces monopoles, pas question politiquement mais «occuper le sol» même si ça pouvait apporter les terribles incendies que nous avons connus était la voie acceptable pour contrer l'impensable: la disparition du fait franco-catholique en terre d'Amérique.


Je ne peux me résoudre à envisager la question sous le même angle que Réjean Grenier : •... comment un homme considéré par ses contemporains comme supérieurement intelligent et d'une probité incontestable a-t-il pu se tromper à ce point et durant un aussi long laps de temps? Aurait-il été manipulé par l'establishment anglo-saxon pour sortir les québécois francophones de Montréal pour s'en assurer le contrôle?»5


Quoi qu'il en soit, le Dr Wilfrid Grignon a osé poser cette question à l'irascible curé. Il ne devait la raconter que des décennies plus tard, en 1907 dans le journal Le Pionnier sous le titre Les Convictions du Curé Labelle.6


C'était en 1873. Je venais d'être admis à l'étude de la médecine. Je pouvais lire dans les gros livres, où tout le monde ne peut avoir accès, des livres réservés seulement aux médecins; Une grosse affaire ! Je commençais à me croire un homme important.


Ce qui acheva de me monter la tête, ce fut de me voir admis dans la compagnie du Curé Labelle, du Dr Prévost, de MM. Chs Godmer, W. Scott, le notaire Lachaîne, le Dr de Martigny, et de tous les autres gros bonnets de Saint-Jérôme, qui avaient adopté comme lieu de réunion, tantôt le bureau du Dr Prévost, tantôt le bureau de M. l'avocat de Montigny. Oh ! le bon vieux temps! Que de discussions, dans ces bureaux, sur la colonisation du Nord de Montréal ! C'est là que j'ai fait mon apprentissage.


Un jour, en juillet 1873, le Curé Labelle arrivait d'une excursion de trois semaines sur la Rouge, la Diable, etc. À peine le curé avait-il mis pied à terre, qu'il était rendu au bureau de M. de Montigny.


Grenier Réjean, Les cent ans de Nominingue. Bulletin de Liaison, Chambre de Commerce, d'industrie et de Tourisme de la Région des Laurentides, volume 2 numéro 3, page 8.


Mgr Antoine Labelle naquit en 1834 et mourut en 1891. Apôtre de la colonisation, surnommé le roi du nord, il occupa le poste de sous-commissaire de l'agriculture.. J'ai trouvé le texte présenté dans un vieux volume de ma bibliothèque édité il y a soixante-quinze ans chez Beauchemin par Edmond Z. Massicotte. Heureusement que j'avais copié ce texte, car ayant prêté mon volume, il n'est pas revenu. Si c'est vous qui l'avez, rappelez-vous qu'il doit revenir...


LM-069-07

 
 
 

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