La vie paroissiale
- Mélanie Tremblay
- 14 nov. 2025
- 56 min de lecture
Les débuts
Jusqu'en 1846, les pionniers de Saint-Sauveur sont rattachés à la paroisse de Saint-Jérôme où ils doivent se rendre pour assister aux offices religieux et pour y faire baptiser leurs enfants. C'est une vingtaine de milles qu'ils doivent franchir en empruntant des chemins très souvent impraticables.
En 1846, une desserte est ouverte à Sainte-Adèle. Les pionniers de Saint-Sauveur, tout en continuant d'appartenir à la paroisse de Saint-Jérôme, ont le choix d'assister aux offices religieux dans leur paroisse ou à la desserte de Sainte-Adèle. Dans cette «mission», on se réunit, faute de chapelle, dans la maison de M. Augustin-Norbert Morin, où le curé de Saint-Jérôme, M. Thibault, se rend tous les quinze jours exercer son ministère.
Vers 1850, les habitants des hameaux de Saint-Sauveur et de Piedmont réclament l'ouverture d'une mission sur leur territoire et pressent leur curé, M. Thibault, d'entreprendre des démarches auprès de M9r Bourget, évêque de Montréal.
Monseigneur approuve la requête et, le 25 novembre 1850, M. le curé Thibault, curé de Saint-Jérôme, est chargé d'organiser une mission sous le vocable de «mission de la Circoncision». MM. Pierre Forget, Jean-Baptiste Paradis, Louis Beaulieu et Jean-Baptiste Desjardins sont élus syndics et chargés de l'érection d'une chapelle. Dès lors, en attendant un lieu de culte officiel, la messe dominicale est célébrée dans une maison privée. Où ? Rien dans les textes ne nous permet de déterminer l'endroit des rencontres de prières.
Un mois plus tard, le 26 décembre 1850, devant le notaire Joseph Filiatrault, de Saint-Jérôme, MM. Moïse et Jean-Baptiste Desjardins font chacun don d'un terra.in d'un arpent de largeur sur quatre de profondeur, ayant front sur le chemin de la côte Saint-Lambert.
L'acte notarié stipule que les deux terrains cédés à M. Georges Thibault, curé de Saint-Jérôme, et aux syndics de la mission de la Circoncision, ne peuvent être utilisés à une autre fin que l'érection d'une chapelle et de ses dépendances. À défaut de quoi, les donations sont nulles et sans effet. Il est aussi noté que les donateurs sont exempts de toute répartition future.
Des divergences d'opinion quant au site
Alors qu'on espère ouvrir le chantier de construction de la chapelle, la dissension éclate entre les habitants des hameaux de Saint-Sauveur et de Piedmont au sujet du site de la future chapelle. Chaque groupe plaide sa cause pour justifier la construction de la chapelle dans son voisinage. La rivalité est forte. Qui l'emportera ?
Le village de Piedmont s'est formé avant celui de Saint-Sauveur. C'est à Piedmont que se sont établis le premier marchand, M. William Scott, le premier hôtelier et, bientôt, un médecin, M. Toussaint Chartrand, et un notaire, M. Joseph Labelle. Fort de ces avantages, les citoyens de Piedmont réclament la construction de la chapelle au «village d'en-bas». Les habitants de Saint-Sauveur s'appuient surtout sur l'argument géographique qui les favorise. N'arrivant pas à s'entendre, les deux parties conviennent de faire arpenter le territoire et de placer l'église au centre. Cette démarche révèle que le centre se trouve au lac Millette, juché sur une montagne presque inaccessible. On refuse de bâtir au centre du territoire. Finalement, le site de Saint-Sauveur prévaut, et la chapelle sera érigée dans le hameau de Saint-Sauveur, sur le terrain donné à la Fabrique par MM. Moïse et Jean-Baptiste Desjardins.
C'est en 1851 que l'on entreprend les première démarches pour construire la chapelle. Le 23 octobre, M. Moïse Desjardins, cultivateur de Saint-Jérôme et donateur d'un terrain, s'engage envers les syndics à fournir, pour le 1er juin 1852, 1 200 planches, dont 500 de pruche ou d'épinette blanche, 700 de pin, «claires de noeuds» ou avec des noeuds très petits ma.is sains, ainsi que 400 madriers de pin. Ces matériaux livrés sur le chantier rapportent 1 000 ·francs au fournisseur.
Le même jour, les syndics mandatent Louis-Narcisse Lauzon, maître-menuisier de la paroisse de Saint-Jérôme, pour accepter tout billet ou reconnaissance en leur nom. Ce mandat semble être accordé suite à l'entente avec les habitants d'établir une répartition à l'effet d'assurer le montant d'argent requis pour la construction de la chapelle. Chaque propriétaire doit garantir la somme de 371 E en deux ans.
Le contrat de construction
En présence de M. Joseph Filiatrault, N.P. et des syndics, le charpentier Simon Charron, propriétaire résidant de Saint-Sauveur, s'engage à effectuer tous les ouvrages de charpente et de menuiserie de la future chapelle pour la somme de 280 E.
Le devis joint au contrat notarié apporte des précisions intéressantes sur la construction. On y apprend :
que la chapelle aura 100 pieds de longueur par 40 pieds de largeur;
qu'elle sera construite sur pilotis, que 4 colonnes soutiendront le comble et que 4 autres supporteront le clocher;
que le revêtement extérieur sera de planches et de bardeaux;
qu'elle comportera 8 fenêtres et 3 portes ainsi qu'une grande fenêtre au dessus de la porte principale;
qu'une porte placée de chaque côté de l'autel donnera accès à la sacristie;
que le plancher de la nef sera élevé de 4 pouces sous les bancs;
que le plancher du choeur sera «à l'anglaise» et que l'on y accédera par 3 marches.

Des moments difficiles
Au printemps de 1852, de retour de Sainte-Adèle, M. Thibault s'arrête à Saint-Sauveur et constate la lenteur des travaux entrepris. Le manque d'argent en est la cause. 76 E seulement ont été versées par les habitants qui, pourtant, devaient verser beaucoup plus.
Le brave curé est découragé; il l'avoue humblement à son évêque dans une lettre datée du 12 mars 1852 : «Si la gloire de Dieu et le salut des âmes ne m'encourageaient pas, je serais tenté de tout abandonner.»
Il n'en fait rien et encourage les pionniers dans leur travail et leur demandant de faire leur possible, sans plus. Ses encouragements, il les prodigue personnellement à l'entrepreneur.
Requête des francs-tenanciers
Alors que les habitants des hameaux de Piedmont et de Saint-Sauveur sont assurés d'une desserte relevant de la paroisse de Saint-Jérôme, un groupe de francs tenanciers continuent de réclamer l'érection canonique de leur territoire en paroisse. Le 4 février 1853, ils font parvenir une requête à leur évêque, M9r Ignace Bourget.
La sacristie
Le 16 mai 1853, alors que les travaux de construction de la chapelle progressent, messieurs les syndics retiennent à nouveau les services de M. Simon Charron pour effectuer les travaux de la sacristie. On lui alloue une somme de 1 500 francs. Voici quelques spécifications du devis :
• défaire le comble;
• porter le «carré» de la sacristie à 11 pieds de hauteur sous les lambourdes; les soliveaux devront être élevés à 8 pieds au-dessus des lambourdes;
• refaire le comble;
• couvrir la sacristie en planches et en bardeaux;
• faire 4 «châssis» de 20 carreaux de 8 pouces par 1O pouces;
• faire les planchers (haut et bas) en madriers «embouvetés»; celui du haut doit être blanchi;
• faire une porte en assemblage et la ferrer;
• tirer les joints en dedans et en-dehors.
Une note au contrat stipule que tous les matériaux, à l'exception des madriers, doivent être fournis par l'entrepreneur.
Nomination du premier curé
Le 3 août 1853, M9r Bourget nomme, comme premier curé de Saint-Sauveur, un jeune prêtre de trente-trois ans, l'abbé Julien-Gédéon Watier. Celui-ci se voit confier la lourde tâche de fonder la nouvelle paroisse qui aura comme voisines celles de Saint-Jérôme et de Sainte-Adèle. À son arrivée, il trouve une desserte en voie de développement, grâce au dévouement de M. Georges-A. Thibault, curé de Saint-Jérôme.
Quelques jours plus tard, alors que le premier titulaire de la cure de la Circoncision n'est pas encore en fonction, l'entrepreneur Charron avise MM. les Syndics et M. Éphrem Thérien, curé de Sainte-Adèle et desservant de la «mission» que la chapelle est terminée. À la grande joie des colons, la chapelle de la côte Saint-Lambert est inaugurée dès le dimanche suivant. L'abbé Éphrem Thérien y célèbre la première messe.
Un bon début
Le 14 août 1853, avant l'arrivée de M. Watier, M. Thérien, toujours desservant de la mission de la Circoncision, convoque les paroissiens et les invite à élire des marguilliers. MM. Raphaël Paquette, dit Valade, Calixte Viau et Isidore Charbonneau sont alors élus.
Chose courante à cette époque, les trois responsables de la nouvelle Fabrique ne savent pas signer leur nom. Toutefois, au bas du premier acte des archives paroissiales, on remarque les signatures de trois autres paroissiens Jean-Baptiste Givoque, Paul Filion et H. (Hilaire) Choall, dit St-Jacques.
La chapelle est donc construite à l'arrivée du premier curé, M. J.-G. Watier. Dès le 6 novembre 1853, les marguilliers et les paroissiens le nomment procureur pour la construction d'une maison de 30 pieds par 40 pieds qui servira de presbytère. Dans le registre des délibérations de la Fabrique, on peut lire qu'une somme de 50 E est allouée au projet. Cette somme doit être prise à même les revenus de la vente des bancs. On prend alors des mesures pour protéger les biens de la Fabrique contre les dangers d'un incendie. Selon l'estimé de MM. les curés Thibault et Thérien, l'église est évaluée à 600 E, la sacristie et le presbytère à chacun 50 E. Une police d'assurance est émise par l'Association d'Assurance Mutuelle des Fabriques. Au registre paroissial, pour l'année 1853, on trouve 36 actes officiels, dont 28 mariages, 5 sépultures et 4 baptêmes.
LES PREMIERS ACTES DES REGISTRES
Première sépulture
Ce premier octobre mil huit cent cinquante-trois, nous prêtre soussigné, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Philomène, décédée avant-hier, âgée de deux ans, enfant de Michel Prud'homme et d'Émélie Lemai de cette paroisse.
Présents : Charles Maillé, Alphonse Desjardins qui n'ont pu signer.
J.-G. Watier, ptre
Premier baptême
Ce quatre octobre, mil huit cent cinquante-trois, nous prêtre soussigné, avons baptisé Joseph, né hier, du légitime mariage de Michel Gauthier, cultivateur, et de Rosalie Peltier, de cette paroisse. Parrain, Joseph Sigouin, marraine, Marguerite Peltier qui n'ont su signer. J.-G. Watier, ptre
Premier mariage
Ce dix-sept octobre, mil huit cent cinquante-trois, après la publication de trois bans de mariage faite au prône de nos messes paroissiales entre Joseph Bisson, cultivateur domicilié en notre paroisse, fils majeur de Joseph Bisson et de Clémence Diotte de cette paroisse d'une part; et Célina Manciot dite Désormeaux, fille mineure d'Augustin Manciot dit Désormeaux et de Marguerite Pontus dite Clermont de cette paroisse d'autre part; ne s'étant découvert aucun empêchement, nous prêtre sous signé, curé de cette paroisse, du consentement des parents de l'épouse avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Joseph Bisson, père de l'époux et d'Augustin Manciot dit Désormeaux, père de l'épouse et de plusieurs autres qui n'ont su signer.
J.-G. Watier, ptre
Érection canonique de la paroisse de Saint-Sauveur
Après une année d'attente, le 1O février 1854, le décret de l'érection canonique de la paroisse de Saint-Sauveur est signé par les autorités du diocèse de Montréal. Le décret a pour effet de détacher de la paroisse de Saint-Jérôme tout le territoire décrit et borné comme suit :
Les Côtes Saint-Godefroy, Saint-Elmire, Saint-Lambert et Saint-Gabriel, à l'exception des neuf premiers lots de la Côte Saint-Gabriel; les septième et huitième rangs du Township d'Abercrombie et toutes les terres qui se trouvent des deux côtés de la Rivière du Nord, depuis William Shaw inclusivement jusqu'à la Côte Saint-Lambert.
Engagement du premier bedeau
Le 3 septembre 1854, M. François Gauvreau est engagé comme bedeau, à raison d'un sala.ire annuel de 1 E et 1O sols ou d'une remise de grains en valeur égale. Chaque propriétaire doit remettre sa part annuelle vers la fête de Noël.
Suppression du chemin divisant le terrain de la Fabrique
Considérant que le chemin, qui conduit de la côte Saint-Gabriel au village de Saint-Sauveur se trouve à passer sur le terrain de la Fabrique, causant ainsi un désavantage et une incommodité, il est résolu, par le Conseil de Comté, que le chemin passe plutôt sur le terrain de M. François Gauvreau, longeant le terrain de la Fabrique jusqu'à la côte Saint-Lambert. Conséquemment, le 31 décembre 1854, la Fabrique, étant seule à tirer avantage du déplacement du chemin, assume le prix du terrain cédé par monsieur Gauvreau.

Les premiers chantres
MM. Antoine Forget et Élie Desjardins, dît Zacharier sont conjointement engagés comme de chantres aux offices religieux. Pour leurs services, chacun recevra annuellement 6 f et 5 chelins (shillings).
Un successeur au curé Watier
Successeur du curé Watier, M. Jean Baptiste Lemonde arrive à Saint Sauveur en 1856. Durant les trois années de son adminlstration, il consacre ses énergies à compléter foeuvre déjà accomplie par son prédécesseur. Les archives paroissiales rapportent que, le 24 janvier 18581 M, Grégoire Beauchamp, marguillier en charge, et M. le Curé sont autorisés à terminer les travaux de la chapelle à même les revenus et l1argent de la Fabrique.
M. Michel Maillé, père, se voit confier l'exécution de ces travaux. On décide également de conclure l'achat des bancs de la vieille église de Sainte-Rose (Laval).
Jusqu'ici, la chapelle est restée sans voix. Le clocher ne demande qu'à prendre vie. Le 7 août î 859, les marguilliers de la Fabdque de Sainte-Rose autorisent leur curé,
M. Pascal Brunet, à donner à la Fabrique de Saint-Sauveur1 une cloche provenant du clocher de leur deuxième église, démolie en 1858-1859.
Recommandations de l'administrateur diocésain
Suite à sa visite pastorale, M9r Joseph Parent, administrateur du diocèse de Montréal, fait parvenir au curé Lemonde et à MM. les Marguilliers les ordonnances suivantes:
transporter les fonts baptismaux dans l'église durant l'été;
réserver l'espace compris entre l'église et le presbytère pour l'enterrement des enfants décédés avant d'avoir l'âge de raison, le cimetière entourant ainsi l'église sur trois faces.
placer un dais au-dessus de l'autel;
inscrire le nom de chacun des confirmés dans le registre de la paroisse.
L'action de M. Caisse, 3e curé
Durant les cinq années qu'il passe à Saint-Sauveur, on ne signale aucun fait particulier digne de mention. Il faut bien dire que les actes les plus importants du ministère sacerdotal échappent souvent à l'emprise de l'histoire et ne s'enregistrent que dans les archives de Dieu.
M. Caisse accomplit donc sans bruit son travail de pasteur. Il ne contribue pas moins à forger, durant cinq ans, cette maille indispensable à la chaîne séculaire qui relie aujourd'hui Saint-Sauveur à ses origines.
Durant l'administration de M. Médard Caisse, une demande est adressée à l'administrateur de l'évêché afin d'obtenir l'autorisation d'utiliser l'argent du coffre de la Fabrique pour construire un hangar à proximité du presbytère. L'autorisation reçue, on procède à la construction du bâtiment projeté.
Les dix années du curé Thomas Dagenais
De 1864 à 1874, le curé Thomas Dagenais succède à M. Médard Caisse. Il n'a que trente-deux ans lorsqu'il arrive à Saint-Sauveur. Ses premières années sont pénibles. La grande pauvreté, le manque de communications, l'isolement surtout sont pour le jeune curé l'occasion de grandes souffrances.
À cette époque, c'est à Saint-Jérôme que se fait le ravitaillement. Vu le mauvais état des chemins, le voyage se fait à cheval le plus souvent. Dans une visite à sa famille, il fait part à sa mère (son père étant décédé) de ses soucis pécuniaires, de ses ennuis, du manque de soins et de l'isolement dans lequel il se trouve. Sa mère lui fait cadeau de 500 $; de plus, il ramène avec lui une de ses soeurs et un jeune frère de dix-sept ans, alors collégien à Sainte-Thérèse.
Dès lors, Saint-Sauveur lui apparaît sous un autre aspect. Son frère devient son fidèle compagnon, son confident, son maître de chapelle, enfin, son chargé d'affaires. C'est lui, à l'avenir, qui fera les voyages à Saint-Jérôme avec un des paroissiens, l'été, en charrette à deux roues et l'hiver, en traîneau. Il contribue au développement économique de Saint-Sauveur. Il distribue gratuitement des couples de moutons pour l'élevage et l'industrie de la laine; quand les bénéficiaires ont réalisé un certain pro-fit, ils paient le jeune donateur en lui remettant deux jeunes agneaux, et le cycle recommence. 11 organise un commerce de viande, met en place la première boucherie de la place et établit aussi un petit magasin général.
Il réunit quelques jeunes gens et leur enseigne le chant liturgique qu'il a appris lui même au séminaire de Sainte-Thérèse. Le curé Dagenais se retire à Saint-Roch-de l'Achigan. Sa soeur et son frère le suivent et demeurent avec lui jusqu'à sa mort. Son passage à Saint-Sauveur est marqué par sa grande bonté envers les pauvres et les paroissiens dans le besoin. Sa générosité est telle que l'on vient de partout pour solliciter ses faveurs.
La retraite paroissiale et les Quarante-Heures réunissent chez lui des confrères voisins en grand nombre parce qu'il est accueillant, aimable et gai.
DES RÉPARATIONS À LA CHAPELLE
Après quinze années d'exposition aux intempéries de la nature, certaines parties de la chapelle nécessitent des réparations urgentes. Le 1er février 1869, devant M. Louis de Lachaîne, notaire publique, M. Maxime Meilleur, menuisier-charpentier, s'engage à effectuer les réparations et certains travaux de rénovation détaillés dans les deux devis suivants. La somme de 1 414 piastres lui allouée pour ces nouveaux travaux.
Premier devis
Déclouer et fixer à nouveau le lambrissage de la façade de la chapelle, en ayant soin de remplacer les pièces endommagées;
Vérifier et remplacer, au besoin, le lambrissage tout autour de la chapelle et de la sacristie;
Appliquer deux couches de goudron à la toiture de la chapelle, de la sacristie, du presbytère, du hangar et de la laiterie;
Remplacer, sous la cloche, la tôle de la couverture du clocher;
Réparer les dommages causés par la gelée à la sacristie;
Démolir le mur de la chapelle jusqu'au jubé pour placer l'autel en dehors;
Faire un plancher surélevé sous l'autel;
Réparer le chemin couvert sur une longueur de 12 pieds;
Faire 15 pieds d'armoires comportant 4 portes;
Faire 2 chambres à l'étage du presbytère et y aménager un escalier;
Renouveler le faÎte du presbytère;
Mastiquer les châssis de la chapelle et de la sacristie;
Peinturer la chapelle, l'autel et les 2 chambres du presbytère.
Échéancier des travaux du presbytère : début d'octobre 1869
Toitures : à l'automne 1869 Autel : fin de décembre 1869 Autres travaux : fin juillet 1869
Deuxième devis
Faire une voûte à la chapelle, semblable à celle de l'église de Sainte-Adèle;
Faire un grand autel, semblable à celui de l'église de Saint-Jérôme;
Réparer le devant des jubés, de la même manière que ceux de l'église de Saint-Jérôme;
Faire 2 pilastres pour les bénitiers, comme ceux de l'église de Saint-Jérôme.
Le curé Jodoin, un homme dont on se souvient
À l'arrivée de l'abbé Jodoin comme curé, Saint-Sauveur est en plein essor. En effet, le recensement du Canada de 1871 indique que la paroisse compte 1 845 habitants. L'évaluation des propriétés passe de 49 632 $ en 1875, à 216 490 $
en 1883.
Selon les statistiques du régistra.ire T. de Montigny, il y a en 1881 à Saint-Sauveur, 17 181 acres de terre occupées, dont 1O 413 en exploitation, 6 999 en culture, 3 489 en pâturage et 29 en jardinage.
Ces chiffres révèlent que l'agriculture est en développement. Dans ce domaine, le curé a sa part de mérite. 11 ne cesse de prêcher les avantages de l'agriculture et d'encourager les colons à demeurer sur leurs terres.
Pour lui, la visite paroissiale prend son véritable sens. Il s'attarde dans chaque famille, cause des événements familiaux de l'année, se met au courant des réussites, des échecs, des inquiétudes et des espoirs de chacun. Il s'intéresse particulièrement aux enfants; la période du catéchisme, préparatoire à la communion solennelle, est considérée comme une fête par les enfants.
Il trouve le temps de s'occuper des habitants établis au-delà des limites de la paroisse, dans le canton d'Howard. Ces colons sont privés des secours de la religion.
M. Jodoin ouvre donc une mission près du lac Saint-Joseph, qui deviendra la paroisse de Saint-Adolphe, saint patron du curé-missionnaire.
La chapelle, objet de préoccupations
On occupe toujours la chapelle construite en 1853. Malgré l'ajout de deux galeries latérales, l'espace est encore insuffisant. L'immeuble exige, encore une fois, des réparations coûteuses. Au sein de la Fabrique, on commence à parler de reconstruction. Cette préoccupation fait l'objet des conversations des paroissiens. Le projet, bien qu'embryonnaire, ne fait pas l'unanimité. Les vieilles dissensions entre les deux villages au sujet du site se rallument. M. Jodoin n'ose prendre partie. Il calme les esprits en favorisant la restauration de l'intérieur de la chapelle.
Une maison pour le bedeau
Le 23 décembre 1885, une nouvelle requête est adressée à l'administrateur de l'évêché à l'effet de pouvoir utiliser de 150 à 200 piastres pour construire une maison pour loger le bedeau. La maison, rénovée et bien entretenue, existe encore de nos jours. Elle est située au 17, avenue de l'Église et est la propriété actuelle de M. Bernard Pagé, boulanger retraité bien connu.
Le feu détruit le presbytère
Au début de 1887, alors que l'état de la chapelle préoccupe les marguilliers, le presbytère devient la proie des flammes. Il ne peut être question de réparations. Le curé Jodoin y perd tout son ménage et ses effets personnels. Selon les archives la Fabrique touche 803,94 $ de la compagnie d'assurance. De plus, la vente des châssis et des portes récupérés après l'incendie rapporte un montant de 205,26 $.
Le 16 février 1887, les marguilliers autorisent le curé Jodoin à emprunter l'argent nécessaire pour la construction d'un nouveau presbytère. Le 13 mars suivant, à une assemblée des paroissiens, 53 d'entre eux donnent leur accord à la construction du nouveau presbytère.

Reconstruction du presbytère
Le 16 janvier 18881 les autorités de la paroisse, ayant accepté les plans et devis du nouveau presbytère, sîgnent le contrat de construction prévoyant un investissement de 3180 de piastres.
Tarifs des services religieux
Le Conseil de Fabrique établit de nouveaux tarifs pour les services religieux :
• grand-messe 2,75 $
• mariage ordinaire 1,75
• mariage solennel 7,50
• mariage solennel et grand-messe 11,45
• petit enterrement 1,50
• petit enterrement solennel 18,70
• service ordinaire et enterrement 4,70
• service de 1re classe 40,30
• libera et enterrement 2,70
Une note stipule que, lors d'un mariage ou d'un service, une amende de 0,25 $ sera exigée pour chaque quart d'heure de retard et que le fruit de ces amendes sera remis au prêtre officiant.
Nouvelle requête
Le 12 octobre 1879, une nouvelle requête de MM. les Marguilliers est adressée à l'administrateur de l'évêché à l'effet de pouvoir utiliser 300 $ du coffre de la Fabrique pour exécuter certains travaux, refaire les clôtures du cimetière et du jardin, construire une chapelle pour les morts et construire un perron sur le devant de l'église ainsi qu'une galerie au presbytère.
La chapelle pour les morts, érigée dans le cimetière, sera transportée derrière la maison du bedeau en 1932, après l'inauguration du nouveau cimetière. Transformée en maison, elle existe encore et porte le numéro 17 A, de l'avenue de l'Église.
Les tâches du bedeau
À leur réunion du 4 avril 1888, MM. les Marguilliers procèdent au réengagement du bedeau. Augmentant son salaire de 100 $ par année, ils en profitent pour déterminer ses tâches:
• faire le service requis par l'Oeuvre et la Fabrique;
• laver et raccommoder le linge de l'église;
• balayer et laver la sacristie et le choeur;
• balayer et épousseter l'église chaque semaine;
• tenir propre ce qui sert à l'église;
• tenir propre le chemin-couvert et la chapelle des morts
• rentrer le bois après l'avoir scié et fendu;
• en hiver, enlever la neige sur le perron de l'église;
• entretenir les routes conduisant à l'église.
À cette même réunion, il est résolu d'acheter un coffre-fort pour y déposer l'argent et les documents importants de la Fabrique. Auparavant, le curé utilisait un coffret en métal.
Une décision de l'évêché
Les revenus de la dîme étant jugés insuffisants pour subvenir à l'entretien convenable du curé, une décision de l'évêché, en date du 5 février 1895, enjoint les cultivateurs de Saint-Sauveur-des-Montagnes de remettre à leur curé, 2 bottes de foin par 100 bottes récoltées.
Encore un sinistre
Après plus de quarante années de service, la vieille chapelle manifeste des signes évidents de fatigue. Des réparations majeures s'imposent. En 1895, alors que les marguilliers songent à réparer l'intérieur du temple paroissial, voilà qu'il est sérieusement ravagé par la foudre.
Que va-t-on faire ? Reconstruire ou réparer ? Les conseils de Mgr Fabre rappellent au curé et aux marguilliers qu'ils doivent tenir compte de la pauvreté des propriétaires de la paroisse. S'en tenant à la recommandation de leur évêque, les représentants de la Fabrique se contentent de faire les réparations les plus urgentes, en reportant à plus tard la construction d'un nouveau temple.
Lors de sa visite pastorale, Mgr l'Évêque de Montréal, après une étude plus approfondie de l'état de la chapelle, exhorte les ·fidèles à prendre les mesures nécessaires en vue de construire une nouvelle église. Les paroissiens reconnaissent le bien-fondé de cette recommandation, mais la pauvreté commune fait retarder encore de huit ans l'exécution de ce projet.
Dans les archives de la Fabrique un document témoigne de préparatifs à une construction éventuelle. En effet, le 15 novembre 1897, M. Casimir Saint-Jean, architecte de Montréal, accuse réception d'un paiement de 437,50 $ pour la préparation d'un plan et d'un devis pour une nouvelle église à Saint-Sauveur.
Des améliorations
À leur assemblée du 11 novembre 1900, MM. les Marguilliers décident de faire installer l'eau dans la maison du bedeau. Il ne faut pas bouder le progrès. L'année suivante, ils décident d'ajouter une chambre de bain dans le presbytère.
1902, MM. les Syndics et MM. les Marguilliers chargent le curé Saint-Pierre de placer l'argent de la Fabrique à la Banque d'Épargne de Montréal. Jusqu'à ce jour, les sommes d'argent étaient conservées dans le coffre-fort du presbytère.
LA PAROISSE A CINQUANTE ANS
Lors de sa visite pastorale, le 29 juin 1903, M9r l'Évêque de Montréal, considérant l'argent déjà recueilli pour la construction d'une nouvelle église, recommande à MM. les Syndics d'aller de l'avant.
Le jubilé d'or est l'occasion toute choisie pour doter la paroisse d'un nouveau temple. Les paroissiens, sous l'impulsion du curé Saint-Pierre, acceptent l'idée de la construction d'une nouvelle église ainsi que le projet de la répartition suggérée afin de constituer les fonds nécessaires.
Grande est la surprise des paroissiens quand ils apprennent que leur future église sera en pierre alors qu'ils s'étaient fait à l'idée d'une construction en bois. C'est le dessein du curé. Du coup, l'opinion se gâte. «Une église en pierre, évaluée à 25 000 $, à Saint-Sauveur, en 1903, c'est la ruine des paroissiens ! Jamais, au grand jamais, les pauvres citoyens n'arriveront à payer une telle somme ! Ce projet allait mettre les paroissiens «dans le chemin» ! La rumeur court la paroisse...
Réaction du curé St-Pierre
Le curé Saint-Pierre, lui, garde son calme légendaire, écoute les arguments pour ou contre son projet, prête l'oreille aux discussions, se rend compte de la grande importance du projet. Il cherche les arguments et la manière opportune de les présenter, de façon à calmer les esprits et à se rallier l'opinion des paroissiens.
Un certain dimanche, il se sent prêt à porter le grand coup. Il monte en chaire et prononce probablement le plus beau sermon de toute sa carrière sacerdotale. D'un ton persuasif, il rappelle à son auditoire les raisons d'élever au bon Dieu la plus belle maison du village. Il fait appel à leur foi vive, à leur esprit de religion, à leur reconnaissance envers le Bienfaiteur de tous les dons, à leur sens pratique... Ses paroles produisent une profonde émotion. Avant de descendre de chaire, le curé annonce une assemblée de paroisse immédiatement après la grand-messe, ayant soin de préciser que, malgré son vif désir d'avoir une église en pierre, il saura renoncer à son opinion et, après le vote, «se mettra du gros côté» ! La messe terminée, il court prendre une bouchée au presbytère puis revient rejoindre les paroissiens réunis. Le curé rayonne de bonne humeur; sans hâte, il va de groupe en groupe, discute aimablement avec les uns et les autres, relevant une objection, éclaircissant une difficulté, disant à tous un bon mot d'encouragement. Puis il ouvre l'assemblée; après les explications d'usage, il pose le problème : « Alors, mes bons amis, dit-il en substance, tout le monde est favorable au projet de construire une église en pierre ?» C'est, en somme, la proposition du vote ouvert, selon la coutume du temps. Tous comprennent. Les opposants, s'il s'en trouve, doivent se prononcer en se détachant du groupe. Personne ne bouge, personne n'ose bouger. Quelques instants de silence. M. le Curé promène sur l'assemblée un regard de satisfaction, accompagné d'un large sourire, puis il interprète l'opinion générale : «Tout le monde d'accord ! Le projet est voté à l'unanimité.» Le secrétaire écrit la résolution.
M. Saint-Pierre s'avance radieux, triomphant, vers ses paroissiens, les félicite chaleureusement. L'assemblée est levée. Le prestige, les bonnes manières du curé ont créé l'unanimité.
On procède alors à l'élection des syndics chargés de suivre le dossier de la construction de l'église. Sont choisis : MM. F.-X. Clouthier, président, Adélard Forget et Edmond Brousseau. MM. Alexandre Constantineau, Frs-F. Filion et André Léonard étaient alors marguilliers de l'Oeuvre.
LA CONSTRUCTION DE L'ÉGLISE
Les plans de l1église préparés par M. Casimir Saint-Jean, acceptés par les autorités de la paroisse et de l'évêché, prévoient un bâtiment de 173 pieds de longueur par 55 de largeur.

Le contrat de construction est accordé à G. Boileau et Cie, de l'Île Bizard qui recevra la somme de 25 000 $ pour la réalisation de l'édifice religieux.
Les travaux débutent par le déplacement de la vieille chapelle car le nouveau temple doit être construit sur son emplacement. Placée sur des rouleaux, la chapelle est traînée tout près du presbytère lequel était construit plus près de la rue Principale actuelle et plus à l'ouest. Pendant toute la durée des travaux de construction, les paroissiens continuent d'assister aux offices dans leur chapelle dont les jours sont comptés.
Le deuxième dimanche d1octobre 1903, de grandes fêtes marquent la bénédiction de la pierre angulaire. Les travaux de construction durent u peu plus d'un an. Les faits donnent raison aux adversaires du curé Saint-Pierre : les travaux ne sont pas terminés
et les 25 000 $ sont dépensés.
Le 4 septembre 1904, syndics et marguilliers tiennent une assemblée de paroisse dans le but de se fa.ire autoriser, par les contribuables, à emprunter la somme de 5 000 $ nécessaire à l'achat des 3 cloches et de 2 fournaises à a.ir chaud, à la réfection de la toiture du presbytère et à la couverture de dépenses imprévues. Les adversaires du projet, bien que présents à l'assemblée, n'osent s'afficher publiquement, aussi la proposition est-elle approuvée à l'unanimité.
Contrairement à la croyance populaire, la pierre recouvrant la structure du bâtiment n'a pas été extraite d'un cap longeant la rue Principale, mais plutôt d'une carrière de Montréal. Comme en fait foi une lettre du 14 juillet 1905, «The Louis Labelle Quarry Co. Limited», dont la place d'affaires était située au 15 de la côte Saint-Lambert de Montréal, a «établi un marché» avec M. Éphraïm Imbault, entrepreneur de pierre de Ville Saint Laurent Ce dernier s'engage à fournir toute la pierre nécessaire à Louis Labelle et Co. pour l'église de Saint-Sauveur.
La pierre doit être livrée par les «chars» du Mile End au prix de 1,75 $ la verge. Devant Jean-Baptiste Crevier, N.P., le 23 septembre 1903, Éphraïm lmbeault déclare avoir livré 4 chars de pierre. Le 12 octobre de la même année, M. lmbeault émet un reçu accusant réception d'une somme de 693,00 $ de la part de Louis Labelle pour le paiement de 396 verges cubes de pierre.
La première messe dans le nouveau temple
Le 6 novembre 1904, l'état des travaux de construction est tel que le curé Saint-Pierre, fier de la réalisation de son rêve le plus cher, célèbre la messe dans la sacristie. Le 4 décembre suivant, devant une nef remplie de paroissiens heureux, le dynamique curé rend grâces au Seigneur.
Vente aux enchères de la chapelle
La nouvelle église, toute majestueuse dans son enveloppe de pierre, remplace avantageusement la vieille chapelle que cinquante années de service ont usée. Elle est toujours là, tout à côté. Pour combien de temps encore ? À la Fabrique, on doit prendre une décision relative à son avenir. Peu importe celle qui sera prise, il y aura des mécontents pour critiquer. Pendant que certains marguilliers et syndics veulent la laisser à l'entrepreneur général qui devra la déménager à ses frais, d'autres optent pour sa vente aux enchères. Malgré les ragots des éternels critiqueurs, la dernière alternative est retenue. Les archives ne nous permettent malheureusement pas de connaître le nom de l'acquéreur et encore moins de savoir ce qu'elle est devenue.
La bénédiction de l'église
Le 25 mai 1905, M9r Zotique Racicot, évêque-auxiliaire et vicaire-général de Montréal, préside la cérémonie de la bénédiction solennelle du nouveau temple. Au béné·fice des lecteurs, nous reproduisons le compte rendu de la cérémonie inscrit dans le registre de la Fabrique :
Le 25 mai 1905, Nous soussigné, Évêque de Pogla, auxiliaire de Montréal et Vicaire Général, avons bénit la nouvelle église paroissiale de Saint-Sauveur. La dite église construite en pierre, a environ cent vingt-huit pieds de longueur en dedans, quarante-huit pieds de largeur en dehors, trente-cinq pieds de hauteur au-dessus des lambourdes; les plans ont été tracés par Monsieur Casimir St-Jean, architecte, la maçonnerie a été faite par Monsieur Philias Boileau, la charpenterie par le même; les syndics ont été Messieurs François-Xavier Clouthier, Edmond Brosseau et Adélard Forget. La première messe a été chantée par Nous, soussigné.
Le même jour, nous avons bénit et consacré trois cloches pour la dite église, la première, du poids de mille deux cent quarante livres, a reçu les noms de Pie X, Paul et Saint-Philibert; la seconde, du poids de neuf cents
livres, a reçu les noms de François-Xavier, Edmond et Adélard; la troisième, du poids de six cent trente livres, a reçu les noms de André, Alexandre et Félix. La première dans la note de sol dièse, la deuxième, la dièse et la troisième, en do. Ces trois cloches ont été présentées par les paroissiens. La quête a produit le résultat suivant : trois cent vingt-deux piastres et cinquante-huit centins.
Ont été présents un très grand nombre de fidèles et un grand nombre de membres du clergé dont plusieurs ont signé avec nous. Fait à Saint Sauveur, les jour et an que dessus mentionné, immédiatement après le diner, lequel a été offert par les paroissiens et auquel ont pris part plus de trois cents convives».
Des inscriptions relevées sur les cloches, qui appellent les paroissiens aux offices religieux, nous informent qu'elles ont été acquises de la firme Rougier et Frères de Montréal, représentante de la célèbre fonderie Crouzet et Hildebrand de Louviers, en Normandie.
Si la construction de l'église a coûté beaucoup d'efforts, elle a aussi entraîné des deuils. En effet, un accident malheureux cause la mort de trois ouvriers : Joseph Aubry, fils de Stanislas Aubry, Abel Charron, fils de Nelson Charron, et Edmond Massy, ce dernier de Saint-Hippolyte. Un jeune homme, Josaphat Charron, se casse les deux bras dans le même accident. Pendant la construction, les manoeuvres servant les maçons chargent trop les échafauds. Cédant sous le poids, ceux-ci s'effondrent, provoquant la chute mortelle des trois hommes.
Les années de M. Louis-Aldéric Desjardins, curé
Le curé Desjardins consacre une grande partie de son temps aux enfants des écoles qu'il encourage dans leurs études. Il incite les commissaires d'écoles à procéder à l'engagement de religieuses pour dispenser l'enseignement à l'école du village. Suite à ses démarches auprès de diverses communautés religieuses, les Filles de la Sagesse
répondent aux invitations des autorités scolaires. En septembre 1910, elles prennent la direction de l'école aménagée dans l'ancien hôtel de Camille Beaulieu alors situé à l'emplacement du complexe commercial de la rue Principale portant le numéro civique 200.
En 1913, il aborde le délicat problème de l'alcoolisme. Il convainc les autorités de voter l'abolition de la vente de l'alcool dans les hôtels, suite à une grande retraite dite de tempérance. Il soutient une action constante contre les hôteliers de la place. Profitant d'une campagne électorale locale, il appuie officiellement les candidats de la tempérance et fustige un conseiller sortant, partisan des licences pour les auberges.
Le maire F.-X. Clouthier, tenant à conserver dans son équipe le conseiller sortant, demande qu'on ne lui fasse pas d'opposition. En présence du notaire J. Chevalier, du docteur J.-0. Lapointe, de M. le Curé et des prédicateurs de la retraite, il signe une lettre de soumission complète aux idées de Mr Bruchési. Il s'engage à supprimer tous les permis de vente de boisson et à assurer la paix en travaillant à n'élire, comme conseillers municipaux, que des hommes entièrement opposés aux licences d'auberge.
Un homme d'action tel que M. Desjardins ne peut rester indifférent au bien-être de ses paroissiens. Pour relever leur niveau de vie, il se dépense à développer des sources de revenus en attirant le tourisme. «Dans quelques semaines, écrivait-il en avril 1914, dans son Bulletin paroissial, nous verrons les villégiateurs nous arriver pour passer ici les mois de la belle saison. Donnons-nous tous la main pour les bien recevoir et les traiter avec courtoisie afin qu'ils soient contents de nous et de leur séjour au milieu de nos charmantes montagnes. Nous avons tout à gagner d'attirer parmi nous, de nombreux et distingués villégiateurs. Peu à peu, on nous connaîtra mieux, on aimera notre village si pittoresque, on y fera construire une résidence d'été et on y attirera des amis... Tous les ouvriers, comme tous les marchands et hommes d'affaires y gagneraient, mais surtout les cultivateurs et les propriétaires de terrains...»
Une seconde mesure, prise dans ce domaine par M. Desjardins, est l'établissement d'une Caisse populaire, fondée le 15 juin 1913. Monsieur le Commandeur Alphonse Desjardins, le fondateur bien connu de ces Coopératives d'épargne et de crédit, préside lui-même l'assemblée de fondation. Cette oeuvre si prometteuse ne devait pas survivre au départ de M. Desjardins. En 1915, il est nommé curé de Sainte-Geneviève. La jeune Caisse, privée de son président-gérant qui n'a pas eu le temps de préparer un successeur, tombe dans l'inertie.
Ajout de jubés dans l'église
Le 16 août 1914, MM. les Marguilliers chargent le curé Desjardins de faire construire un jubé de chaque côté du maître-autel dans le sanctuaire. La dépense, incluant le salaire du menuisier et les matériaux ne doit pas excéder 200,00 $. À l'époque, on répétait que c'était pour accommoder les élèves de l'école dirigée par les Filles de la Sagesse. L'école, l'ancien hôtel Beaulieu était située sur le site aujourd'hui occupé par le complexe commercial portant le numéro 200 de la rue Principale.
Départ du curé Desjardins
À l'été 1915, M9r Bruchési appelle M. Desjardins à changer de paroisse. Durant les cinq années où il a dirigé la paroisse de Saint-Sauveur, cet homme d'action accomplit un travail considérable. Il laisse le souvenir d'un chef de grande valeur.
Passage de l'abbé Ubald Labelle
Pendant le séjour de M. Labelle à la cure de Saint-Sauveur, deux événements méritent d'être rappelés. Même si ces faits appartiennent à la grande histoire, ils ont quand même leur place dans le vécu d'une paroisse.
À l'instar des autres paroisses laurentiennes, Saint-Sauveur voit plusieurs de ses paroissiens enrôlés dans l'Armée canadienne. Le conflit de 1914 jette la population dans la disette et la souffrance. La rareté fait monter le prix des denrées alimentaires à des sommets inaccessibles aux pauvres. Quelle situation les familles nombreuses ne doivent-elles pas surmonter quand il leur faut débourser plus de 20 $ pour un seul sac de farine!
À l'automne 1918, le fléau de l'influenza éclate. Bien que de courte durée (d'octobre à décembre), l'épidémie cause néanmoins de vives inquiétudes. Presque toutes les familles sont atteintes. Heureusement, la maladie fait très peu de victimes. Les archives paroissiales indiquent tout de même 34 sépultures pour l'année 1918, comparativement à 26 l'année précédente.
Si cette maladie fait peu de ravages, on peut en accorder le crédit au dévouement inlassable du docteur J.-O. Lapointe qui se dépense sans compter au soin des victimes. Nuit et jour, il parcourt les rangs de la paroisse et visite à tour de rôle les familles éprouvées. Le curé Ubald Labelle s'associe au médecin pour relever les courages chancelants et consoler les coeurs éprouvés par le deuil.
Agrandissement du cimetière
En 1921, le 7 septembre, une requête à l'effet d'agrandir le cimetière paroissial longeant l'église est adressée à M9r l'Évêque de Montréal qui accepte la proposition de l'ajout d'une bande de terrain faisant partie du lot 365 du cadastre municipal de Saint Sauveur.
Le curé Gohier, un homme d'action
À l'occasion de sa première visite paroissiale, l'attention du nouveau curé, Eugène Gohier, est retenue par les demandes pressantes des résidants du lac Marois. Il endosse leurs revendications à l'effet d'obtenir une desserte car il reconnaît que la distance qu'ils doivent franchir pour se rendre à l'église du village, en empruntant des chemins tortueux et raboteux, est beaucoup trop longue. Le curé se fait donc leur porte parole auprès de l'archevêque de Montréal. Dès 1922, on construit une chapelle au lac Marois. Les résidants et les villégiateurs, déjà nombreux, peuvent enfin profiter des services du culte le dimanche durant la belle saison. Vingt ans plus tard, le 1O mai 1940, la paroisse de Saint-Sauveur est amputée du territoire qui donne naissance à la paroisse de Sainte-Anne-des-Lacs.
En même temps, des cultivateurs du 4° rang du canton Morin et d'autres, demeurant sur le chemin de Saint-Adolphe et sur la route de Lachute, se disent fort éloignés de l'église de Saint-Sauveur. Le village de Morin-Heights, situé à six milles de l'église paroissiale, compte déjà, parmi une population anglophone, un certain groupe de Canadiens-français. Ces familles ouvrières dépourvues de moyens de transport peuvent difficilement assister à la messe le dimanche. Une trentaine de familles auxquelles s'ajoutent les villégiateurs du lac Écho sollicitent une desserte à Morin.
Ces gens, représentés par Jeanne Bussières, première épouse de
M. J.-A. Bouchard, expriment au curé Gohier leur désir d'avoir la messe sur leur territoire, au moins durant les mois d'été. En juin de la même année, à Morin-Heights, le curé Gohier célèbre la première messe à la demeure de M. Bouchard. On dresse un autel sur la galerie et les fidèles assistent au sacrifice de la messe en plein air.
Dès le début, Mgr Georges Gauthier approuve le projet de construire une chapelle à Morin-Heights, mais il faut trouver les fonds nécessaires. Mme Bouchard, bien que très
malade, prend l'initiative. Elle organise un tirage d'un centre de table. Les recettes permettent d'acheter de M. John Basler, au prix de 400 $, un terrain de 200 pieds de largeur par cent 125 de profondeur.
Pour mener l'entreprise à bonne fin, selon les prescriptions canoniques on élit trois syndics : MM. Alexandre Bélisle, Philias Guénette et J.-Aristide Bouchard. Confiant dans l'appui de la population et dans le secours de la Providence, on commence les travaux en 1922. Afin de réduire les dépenses et d'attacher les paroissiens à cette oeuvre commune, on organise des corvées où règne une fructueuse émulation.
À l'été 1924, la communauté de Morin est ·fière d'occuper sa chapelle, même si elle est inachevée. L'édifice, qui dresse ses lignes sobres sur le chemin du lac Écho, à quelques arpents du village, mesure 40 pieds de largeur par 75 de longueur, et peut contenir 250 personnes. La voûte et les murs ne cachent pas leur aspect primitif.
Pression des résidants du lac Millette
Durant la même décennie, au lac Millette, des pressions pour obtenir une desserte sont aussi justifiées. Les résidants et les villégiateurs se voient accorder le privilège d'assister temporairement à la messe dans la chapelle de la Communauté des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.
L'électricité dans l'église
Le 12 octobre 1924, MM. les Marguilliers décident d'affecter la somme de 600 $ à l'installation de l'électricité dans l'église.
UN NOUVEAU DÉMEMBREMENT
Le 6 mars î 925, par décision de l'évêché de Montréal la paroisse de Saint-François-Xavier de Lesage voit le jour. Elle naît d'un démembrement de la paroisse de Saint-Jérôme, qui cède les lots 356 à 398 inclusivement de la concession nord de la rivière du Nord, les lots 299 et 301 à 355 inclusivement de la concession sud de la même rivière. La paroisse de Saint-Sauveur se voit aussi amputée d'une partie de son territoire : les lots 81, 82, 86, 87, 93, 94, 96 et 97 de la concession nord-ouest de la rivière du Nord ainsi que les lots 1 à 10 inclusivement de !a concession Sud-Est de la même rivière. Quant au canton d'Abercrombie il cède, dans le ?8 rang les lots 1 à 7 inclusivement. Saint-Hippolyte cède à la nouvelle paroisse les lots 18 A à 21 A dans le 6° rang, les lots i 8 A à 22 B dans le 5e rang, les lots 18 A à 22 C du 4° rang et, enfin, les lots i 8 A à 24 A du 38 rang.

Location de terrain
Suite à une entente avec la Commission scolaire, le i 2 mars 1926, les Marguilliers signent un bail emphytéotique relatif à une bande de terre de 75 pieds par 200 située entre le presbytère et l'avenue Filion. Ce terrain doit servir à !1érection du futur couvent Marie-Rose, Le document prévoit un versement annuel de 15,00 $. L'école va donc quitter l'hôtel Beaulieu.
Arrivée des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie
Le 1er juillet 1927, la Communauté des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à la demande de M. le Curé et de la Commission scolaîre, accepte la direction de
38 l'école du village. On achève la construction du nouveau couvent situé à l'intersection des rues Principale et Filion.
L'orgue manifeste des signes de fatigue
En 1927, au dire du curé Gohier, l'orgue de l'église commence à manifester des signes de fatigue. Il suggère à MM. les Marguilliers de le remplacer. Cette intervention de M. Gohier nous amène à retourner dans le passé. Dès les années 1880, selon les documents de la Fabrique, on allouait 0,50 $ à l'organiste pour chaque office religieux requérant ses services. Plus tard, en 1895, le nom du docteur Proulx apparaît comme organiste et celui d'un certain M. Cyr, comme préposé au soufflet de l'orgue (on le désignait «le souffleur»). On peut donc conclure que l'ancienne chapelle était dotée d'un orgue à vent. Il y a tout lieu de penser que cet instrument a été déménagé dans la nouvelle église car, en 191O, une rémunération pour l'organiste et le souffleur est indiquée au livre des comptes de la Fabrique.
Nous avons extrait du livre des délibérations de la Fabrique les propos de M. le curé Gohier à MM. les Marguilliers.
Extrait du livre des délibérations
L'orgue de l'église, vieux de cinquante ans, commence à manifester des signes de fatique; des réparations très coûteuses et éminentes engageront un montant aussi élevé que l'achat d'un instrument neuf. L'achat de l'orgue au coût de 4 200 $ serait une véritable aubaine.
Le 9 octobre 1927, MM. les Marguilliers achètent, de l'église St. Mathew's Presbyterian de l'ouest de l'île de Montréal, l'orgue de 27 jeux, Opus 370, construit par la Société Casavant et Frères en 1909. Cet instrument possède trois claviers ainsi qu'un pédalier de quatre octaves.
Payant de sa personne, le curé initie lui-même un groupe de bonnes voix aux secrètes et délicates beautés des mélodies grégoriennes. Avec le nouvel orgue, les fêtes religieuses prennent un caractère de joyeuse solennité.
Le cimetière : une note discordante
Depuis la fondation de la paroisse les morts sont inhumés dans le cimetière longeant l'église du côté de la montée Morin, aujourd'hui l'avenue de l'Église. Avec le temps, il est devenu une note discordante au décor harmonieux voulu par le curé Gohier. Le cimetière est laissé en friche. Les bornes de toutes sortes qui marquent la limite des lots en rendent l'entretien impossible. L'eau inonde les fosses, sujet de mécontentement pour les paroissiens. Le terrain accuse une pente accentuée vers la côte Saint-Lambert (la rue Principale) alors en gravier comme toutes les rues du village à cette époque.
«Quand il pleut abondamment et à chaque printemps, à la fonte des neiges, un certain liquide... s'infiltre jusqu'au sous-sol de l'école-couvent, située juste en face. Pour les Filles de la Sagesse qui habitent l'école, les «humeurs» qui se répandent n'ont rien de commun avec l'eau-de-rose ou le muguet,» nous confie Mr Louis Forget.
Un nouveau cimetière
Pour remédier à tous ces inconvénients, le 2 juillet 1931, MM. les Marguilliers décident d'acheter de M. Léopold Cyr, un terrain de 2 arpents de largeur par trois de profondeur pour y aménager un nouveau cimetière. M. le or Alcide Mathieu s'offre à payer les 500 $ requis pour l'achat de ce terrain au sol sablonneux situé à proximité de l'église sur la route de Morin.
Des paroissiens dévoués prennent part aux journées de corvée organisées par le curé Gohier pour l'aménagement du terrain : nivellement, tracé des allées, gravelage, clôture et plantations. La Fabrique débourse très peu. Le 8 novembre 1931, les paroissiens entourent leur curé qui procède à la bénédiction du nouveau cimetière.
Durant l'été suivant, le nouveau cimetière étant aménagé, le curé Gohier annonce à ses paroissiens qu'ils peuvent exhumer leurs morts du cimetière longeant l'église et les réinhumer dans le nouveau cimetière. Pendant que les uns se prévalent de l'autorisation donnée, d'autres préfèrent ne pas rompre le silence de la nuit éternelle de leurs parents. La période de transfert terminée, on procède à l'enlèvement des pierres tombales restantes, on fait disparaître la clôture et on nivelle le terrain que l'on ensemence. Bientôt une verte pelouse recouvre le site qui pendant plus de soixante-quinze ans servit de lieu de repos éternel à plus de deux mille défunts. De 1853 à 1931, 2 833 sépultures sont notées dans les registres paroissiaux.
Le 25 septembre 1932, on érige un chemin de croix dans le cimetière, grâce à la générosité des paroissiens et des associations pieuses. La station du Calvaire, d'une valeur de 300 $, est payée par Mme V. Mathieu (Julie Clouthier), mère du bienfaiteur qui a payé le terrain.
L'allée des Polonais
En entrant dans le cimetière, sur la gauche, les visiteurs sont frappés par une allée de monuments portant des noms polonais. Pourquoi tant de polonais sont-ils inhumés dans le cimetière de Saint-Sauveur ? Pour y répondre, nous citons les propos de
M. Tadeusz Brzezinski rapportés par M. René le Clère dans le 11° cahier de la Société d'Histoire.
«Au moment de la mort prématurée de leur fils Adam, en 1954, les Brzezinski possédaient une propriété à Morin-Heights, à quelque cinq kilomètres de Saint-Sauveur. Ils cherchaient un cimetière beau et paisible, ils trouvèrent celui de Saint-Sauveur. Des Polonais vinrent à la cérémonie d'inhumation et, sans plan concerté, décidèrent de venir y reposer à leur tour, pour toujours. Et comme dit la générale Maria-Rozia Szylling: «Là où il y a un seul Polonais aujourd'hui, il y en aura une centaine demain.»
Voici donc l'origine de ce qui est maintenant une tradition bien établie. Les Polonais occupent, grâce à la compréhension de la Fabrique et des curés successifs, une allée baptisée «l'allée des Polonais».
Installation de la statue du Sacré-Coeur
Menacé par la sournoise maladie du cancer, le curé Gohier fait voeu de placer la statue du patron de la paroisse dans la niche au frontispice de l'église s'il peut, grâce à Dieu, continuer son ministère. Son voeu est exaucé et il accomplit sa promesse, la joie au coeur. Le dimanche, 16 août 1936, M9r Georges Gauthier bénit cette statue du Sacré-Coeur qui, depuis, couvre de ses bras le pasteur et les paroissiens.
Le curé Éthier, un homme comblé
Pendant les six années (1939-1945) qu'il passe à Saint-Sauveur, le curé Éthier s'est acquis la réputation de grand administrateur. Il manifeste, de plus, des qualités éminemment sacerdotales. Le 12 juillet 1939, il reçoit de son évêque l'autorisation d'ériger un oratoire dans le cimetière paroissial.
Il a la joie d'accompagner trois nouveaux prêtres à l'autel, dont deux sont des enfants de la paroisse : l'abbé Louis Forget, ordonné le 1O juin 1940, et l'abbé Roland Forget, frère de Louis, ordonné le 20 mars 1944. La cérémonie d'ordination de l'abbé Yvan Trotl:ier est présidée par Mgr J.-E. Limoges, évêque de Mont-Laurier, le 4 juin 1943.
Encore un démembrement
Suite aux pressions exercées par un grand nombre de paroissiens de Saint Sauveur résidant tout autour des lac Marois, Guindon et des Seigneurs, Mgr Georges Gauthier, en date du 1O mai 1940, érige en titre et paroisse le territoire comprenant les lots 74, 80, 83, 84, 85, 88 à 92 inclusivement ainsi que les lots 98 à 214 inclusivement. Tous ces lots faisant partie du cadastre officiel de la paroisse de Saint-Sauveur constituent, dorénavant, le territoire de la paroisse de Sainte-Anne-des-Lacs.
L'ABBÉ CHARLES-ÉDOUARD TOUPIN, L'HOMME DU CENTENAIRE
M. Charles-Édouard Toupin accède à la cure de Saint-Sauveur le 4 septembre 1945. Il devient vicaire forain le 28 décembre 1954 et chanoine honoraire du diocèse de Saint-Jérôme le 7 août 1955. Quelques mois seulement après son arrivée, des villégiateurs du lac des Becscies, représentés par MM. Albert Duquesne, Henri Poitras et Paul Martin, rencontrent leur curé pour déposer une requête à l'effet d'obtenir une desserte au lac. Le curé Toupin parraine leur requête et, bientôt, l'autorité ecclésiastique permet de célébrer la messe, le dimanche, durant l'été.
La première messe est célébrée le 7 juillet 1946. On dresse un autel en plein air, à l'entrée du garage de M. Duquesne. Il en est ainsi durant les mois de juillet et d'août. Durant les trois étés suivants, l'office dominical réunit les fidèles dans le camp Martin.
Mgr Conrad Chaumont, évêque auxiliaire de Montréal, se rend au lac le 4 juillet 1948 pour y bénir une cloche, don de M. Neal, président de la Compagnie du chemin de fer du Canadien Pacifique.
En 1950, M. Raoul Foisy, cultivateur de l'endroit, fait don à la Fabrique d'une partie du lot 302-18 pour l'érection d'une chapelle. On prépare alors la construction de la chapelle. Le 24 juin 1951, on procède à la bénédiction de la petite église érigée sur le terrain de 100 par 100.
Le 5 juillet 1952, Mgr Emilien Frenette, évêque de Saint-Jérôme, en présence d'un groupe nombreux de résidants et de villégiateurs, bénit la statue de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus, patronne du lieu saint. La statue, sculpture de M11e Sylvia Daoust, est un don de Mme Charest Prévost.
La paroisse a cent ans
Du 12 au 19 juillet 1953, c'est la fête. La paroisse de Saint-Sauveur a cent ans. Longtemps avant, on a formé le comité des fêtes. Le programme d'activités mis en place vise un hommage de profonde reconnaissance aux pionniers de la paroisse et à tous ceux qui ont contribué, par leurs efforts et leur libéralité, à la faire progresser et à la rendre de plus en plus attrayante.
Pour rappeler les événements de la clôture des fêtes du Centenaire, nous nous inspirons du reportage publié dans le journal L'Écho du Nord, de jeudi, le 23 juillet 1953.
Banquet de célébration du Centenaire de la paroisse
de Saint-Sauveur, samedi le 18 juillet 1953

Vingt mille personnes visitent Saint-Sauveur
En dépit de la température lourde et chargée d'humidité, plus de 20 000 personnes visitent le coquet village de Saint-Sauveur, afin de prendre part aux célébrations prévues pour la clôture des fêtes du Centenaire de la fondation de la paroisse.
Samedi, le 18 juillet, dans les rues du village plusieurs milliers de personnes participent à des danses du bon vieux temps organisées par le comité du Centenaire. Le lendemain, Mgr Émilien Frenette, évêque de Saint-Jérôme, célèbre une messe pontificale à laquelle assiste une foule nombreuse de citoyens actuels et anciens. Le sermon de circonstance est prononcé par le plus jeune des six prêtres que Saint-Sauveur a donnés à l'Église, M. l'Abbé Yvan Trottier, professeur au Séminaire de Mont-Laurier.
Le curé Toupin, en souhaitant la bienvenue à Saint-Sauveur à l'évêque du diocèse, souligne la toilette nouvelle de l'église. Il fait remarquer les divers anniversaires soulignés en 1953 : centenaire de la paroisse, cinquantenaire de la construction de l'église et 25° anniversaire de l'arrivée des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.
Après la messe pontificale, un banquet réunit environ 300 personnes dans la spacieuse salle du Nadeau's Lodge. Au cours de l'après-midi, par les rues pavoisées, entre deux haies humaines, un pageant historique rappelle aux contemporains les débuts du village : les «plus vieux métiers», les costumes d'antan, les coutumes d'autrefois et de vieux édifices.
Mgr Frenette prend place dans un carrosse ouvert tiré par deux magnifiques chevaux, gracieusement mis à la disposition des organisateurs par M. H. J. O'Connel!, entrepreneur général et propriétaire du Mont Gabriel Club. Ce carrosse, vestige d'un passé très cher, appartenait à feu le cardinal Villeneuve et avait transporté le Roi et la Reine lors de leur visite à Québec en 1939.
Après le défilé, les dignitaires visitent l'exposition du couvent Marie-Rose, où sont regroupés environ 2 000 oeuvres d'artisanat et plusieurs vieilles pièces de mobilier dignes de musées.
La journée se termine par un feu d'artifice dû à l'activité du maire Georges Pagé et de M. Télesphore Léonard. Les dignitaires quittent le village avec un souvenir du
«terroir» offert à chacun par l'un des organisateurs M. Werner Mooser: un balai, comme on les faisait, il y a un siècle, en rabattant et en attachant les diverses écorces d'une forte branche de saule.
Les fêtes du Centenaire prennent fin lundi le 20 juillet par une grand-messe d'action de grâces à l'église paroissiale.
Vente de la maison du bedeau
Le 1O juillet 1957, après avoir hébergé différents bedeaux pendant soixante-douze ans, la Fabrique se départit de la maison en vendant son emplacement à M. Bernard Pagé, boulanger de l'avenue de l'Église. Pour la somme de 4 525 $, la Fabrique lui cède le lot 379 et une partie du lot 380.
Le presbytère endommagé par un incendie
Un malheur frappe à nouveau la paroisse : le feu endommage le presbytère. L'évaluation des dégâts ne fait pas l'unanimité. Certains paroissiens ne manquent pas de crier leur désaccord lorsqu'ils apprennent que le presbytère est déclaré perte complète. La situation qui prévaut alors porte un dur coup au curé Toupin qui ne peut supporter l'épreuve. Épuisé, il se retire chez ses soeurs qui l'accueillent à leur résidence de Montréal.
Le 19 octobre suivant, le presbytère endommagé par l'incendie est vendu aux enchères. Selon les archives, il est adjugé à M. Lionel Dagenais de Saint-Jérôme pour la somme de 1 000 $.
LE CURÉ ROSARIO LAURIN ET LE NOUVEAU PRESBYTÈRE
Le 29 septembre 1957, quittant la cure de Mont-Rolland, M. Rosario Laurin est accueilli par les paroissiens de Saint-Sauveur. Le même jour, son évêque le nomme vicaire forain. Le nouveau curé n'a pas de presbytère, on s'en souvient. Avec MM. les Marguilliers, il se met vite à la tâche et loue la résidence de pierre de la famille Thinsdale située au 91 de la rue Saint-Denis. Cette maison lui servira de résidence et de presbytère jusqu'au début d'octobre 1958.
Le 23 février 1958, les plans et devis pour la construction du nouveau presbytère étant prêts, M. le curé invite les paroissiens intéressés à soumissionner pour la construction du presbytère. Il les informe qu'ils doivent s'adresser au bureau de l'architecte Émilien Bujold.
Après les délais légaux, le contrat de construction qui obligera des déboursés de 73 150 $ est adjugé à l'entrepreneur général Constantineau. Pour réaliser le projet, la Fabrique doit signer un emprunt de 60 000 $.
Le 5 octobre 1958, la construction du presbytère étant terminée, d'un commun accord MM. les Marguilliers et M. le Curé ouvrent les portes du nouveau presbytère aux paroissiens. Ces derniers sont à même de constater que le nouvel immeuble en pierre, sans être luxueux, est très fonctionnel. En plus des appartements du curé et du vicaire, le presbytère comprend aussi ceux de la ménagère et des prédicateurs de retraite.

À la grande satisfaction du curé, le nouveau presbytère assure un passage à l'abrî, des intempéries, du presbyière à l'église. Dans la passerelle, sont logés le bureau d'accueil, la voûte et les fonts baptismaux.
Le même jour, MM. les Marguilliers décident de vendre aux enchères le vieux garage longeant le presbytère. Le livre des délibérations n'apporte aucune autre information relative à cette décision.
Une loterie
Pour défrayer le coût de l'ameublement, des tentures et des luminaires, non compris dans le contrat de construction du presbytère, MM. les Marguilliers autorisent le curé à organiser une loterie.
Plusieurs prix alléchants incitent paroissiens et villégiateurs à se procurer des billets pour tenter de gagner l'un ou l'autre. Une auto 1959, don d'un concessionnaire de la place, est remportée par M. Lucien Charette de Saint-Sauveur; 1 terrain de 75 pieds par 125 pieds, don de M. Gérard Aubry, est gagné par M. W. Lemoine de Mont-Rolland; un appareil de télévision a fait la joie de M. G. O. Soucy. Plusieurs autres prix de grande valeur sont également attribués le jour du tirage.
La loterie remporte 5 246,42 $ net. À la satisfaction des organisateurs, le fruit de cette activité est remis à la Fabrique.
On coupe les arbres devant l'église
Suite à une recommandation d'un paysagiste, le 28 septembre 1958, on convient de procéder à la coupe des nombreux arbres longeant la rue Principale. Cette décision suscite maints commentaires, pas toujours élogieux pour les autorités de la Fabrique.
De la grande visite dans la paroisse
Le 18 janvier 1959, au moment du prône, le curé Laurin mentionne le passage dans la paroisse de son Excellence le Gouverneur Général du Canada. Son Excellence est en visite à la résidence du distingué duc Dimitri de Leuchtenberg alors située à l'emplacement de l'actuelle Place 200, rue Principale.
Rapport de la visite paroissiale
Commentant sa visite paroissiale, le curé Laurin livre les statistiques suivantes :
«Au terme de ma visite annuelle, en date du 16 août 1959, la paroisse compte 532 familles résidantes pour un total de 1 701 communiants et 361 non-communiants. 617 familles de villégiateurs s'ajoutent aux résidants dont 40 pour cent sont protestants.»
Cession du vieux couvent Marie-Rose
L'inauguration, le 30 août 1959, d'un nouveau couvent pour les filles amène les autorités scolaires à se pencher sur l'utilisation de l'ancien immeuble situé au coin des rues Principale et Filion.
Le 13 décembre 1959, on procède à la cession du vieux couvent à la Fabrique qui lui donne une vocation de Centre paroissial. Un comité est formé pour assurer la coordination des activités. M. Lucien Charette est nommé président et M. Marc Legault, secrétaire.
Comme le Centre paroissial doit s'autofinancer, un comité de régie est formé.
Comité de Régie du Centre paroissial
René Brienm, président René Pesant, trésorier Antonio Désy, secrétaire Edgar Mailhot, directeur
Télesphore Léonard, directeur
La Saint-Vincent-de-Paul innove
En 1959, les responsables de la Société Saint-Vincent-de-Paul ont un pressant besoin d'argent pour répondre aux besoins des plus démunis. À titre expérimental, ils organisent une première vente de gâteaux et de friandises préparés par des paroissiennes bienfaitrices. Répondant à l'invitation lancée par le curé Laurin après chacune des messes, les paroissiens se présentent au comptoir où ils peuvent se procurer leur dessert du dîner et du souper. Le résultat dépasse toutes les prévisions. Après une fin de semaine de tant de générosité, les responsables conviennent de renouveler l'expérience chaque année à l'occasion de la Saint-Valentin.
La campagne de financement du séminaire de Sainte-Thérèse
Les paroissiens font la preuve de leur générosité iors de la grande campagne de financement pour la construction du séminaire de Sainte-Thérèse. À l'instar de toutes les paroisses du diocèse de Saint-Jérôme, un objectif est fixé pour la paroisse de Saint Sauveur. Non seulement les paroissiens dépassent-ils les 24 000 $ fixés, mais ils remettent aux autorités la jolie somme de 36 000 $. Durant la campagne, M. le Curé Laurin intervient plusieurs fois pour faire taire les mauvaises langues ou pour corriger les informations erronées qui sont véhiculées.
Une nouvelle loi régissant les Fabriques
Le premier janvier 1966, une nouvelle loi régissant les administrateurs des Fabriques entre en vigueur. À Saint-Sauveur, comme ailleurs, disparaissent le marguillier du ban ainsi que la désignation des anciens et nouveaux marguilliers.
Ils sont remplacés par l'élection de six (6) marguilliers dont deux sont élus pour trois ans, deux pour deux ans et deux pour un an. Les marguilliers doivent désigner un secrétaire qui sera chargé de la tâche administrative autrefois exercée par le curé.
Résultat de l'élection
Marc-André Filion Téléphore Léonard Arthur Raymond Philippe Léonard RaouI Lupien Thomas Charbonneau
Adélard Pilon, secrétaire
L'opération «Grand ménage»
Quinze ans après avoir célébré le 50° anniversaire de l'église, il faut reprendre les outils, monter les échafauds et entreprendre un autre grand ménage. En avril 1967, le Conseil de la Fabrique accorde à Hussereau et Frères Enr. de Montréal un contrat de 5 725 $. L'entrepreneur doit laver les murs, réparer le plâtre, laver les vitres (côté intérieur), appliquer deux couches de peinture à l'intérieur de l'église, dans les portiques, la sacristie et les corridors. Plusieurs imprévus entraînent des déboursés additionnels. Les travaux terminés, la facture s'élève à 7 404 $.
Quarante-six ans de service
Après quarante-six ans de service, le bedeau et sacristain Charles-Édouard Hébert se retire et est remplacé par M. Arthur Martel le 10 novembre 1968. M. Hébert a donc travaillé en étroite collaboration avec quatre curés: MM. Gohier, Ethier, Toupin et Laurin. Dans l'exercice de ses fonctions, il a dû sonner les cloches pour annoncer 2 300 baptêmes, préparer l'église pour 1 180 services funèbres et sépultures ainsi que pour 579 mariages.
Démission du curé Laurin
Le 5 avril 1969, M. Rosario Laurin démissionne de la cure de Saint-Sauveur et se retire à Mont-Rolland. Il est alors âgé de 72 ans. Il meurt le 15 août 1974 et est inhumé à Saint-Hermas.
UN HOMME ÉNERGIQUE, LE CURÉ JEAN ADAM
À la demande de son évêque. M. Jean Adam accepte la cure de Saint-Sauveur au début d'avril 1969.
Extrait d'une entrevue accordée par M. Adam à Ghislaine Néron, reporter au Journal de la Vallée.
Lorsque je me suis présenté ici (à la paroisse de Saint-Sauveur), c'était un Mardi Saint. La Semaine Sainte s'en venait. Je ne connaissais rien. On me donne un trousseau de clés très imposant. Je ne savais pas où elles allaient. Heureusement, il y avait M. Ethier qui était vicaire ici depuis dix ou douze ans. C'était comme une encyclopédie. Sans sacristain, sans ménagère, c'est moi qui faisait tout ça. Je n'ai eu aucune difficulté à m'habituer à Saint-Sauveur, au contraire.
Sa disponibilité, sa présence, son apostolat, son ministère tant liturgique que paroissial ont vite été appréciés par ses paroissiens. Sur le plan social, il conserve la même énergie. 11 est partout. En mars 1975, il devient le premier curé président-fondateur d'un Club Optimiste, celui de Saint-Sauveur. En octobre suivant, il accède au titre de lieutenant-gouverneur pour les Clubs Optimistes de Morin-Heights, Sainte-Adèle, Mont Rolland, Sainte-Agathe-des-Monts, Saint-Sauveur et Saint-Hippolyte. Durant l'année 1978, on le retrouve à la présidence générale de l'organisation générale des fêtes du 125° anniversaire de la paroisse.
Les fêtes du 125e anniversaire
Pour faciliter la réalisation de réjouissances collectives à l'occasion du 1258 anniversaire de la paroisse, une corporation à but non lucratif est mise sur pied.
La Corporation compte trois groupes d'action :
► Le comité d'administration générale composé de :
Président : Bernard Lafantaisie
Estelle Schumph Raoul Lupien
Gaétan Charron Marcel Lorrain
Roger Lussier Roger Tremblay
Émile St-Germain Claude Wilsey
► Le comité d'honneur, composé de :
Président : M. le juge André Surprenant Vice-présidents : Suzanne Lapointe
Yves Corbeil Joseph F. Dunne Gilles Faubert
M. et Mme Gérard Boisclair
M. et Mme Vianney Charbonneau
M. et Mme Hormidas Dagenais
M. et Mme Joseph-Édouard Pagé
► Le comité des activités sous la responsabilité de Réal Brossard :
Présidents des différents comités:
Andrée Beaulieu Marcel Bélisle
Adélard Boulé Richard Cyr
F. de la Bruère Laurina Desjardins
André Godin Élisabeth Gravel, s.n.j.m.
Michel Guévremont Cyprien Lacasse
Cyrille Lapointe Jacqueline Longtin
Gilles Martin Andrée Ménard Louise Ménard-Schumph Andrée Pesant Ronald Reid Michel Roberge
André St-Jean Monique Surprenant Claude Turcotte
Des réjouissances collectives soulignent le 125e anniversaire
Des activités aussi nombreuses qu'intéressantes regroupent les paroissiens et les villégiateurs de tous âges. De janvier à décembre, les activités se succèdent :
• messe d'ouverture par M9r Charles Valois et dévoilement du sigle des fêtes;
• soirée canadienne et lancement du concours de la chanson-thème;
• concours de ski alpin et descente aux flambeaux;
• danse de la Saint-Valentin et lancement des concours de peintures et de photographies;
• festival des neiges et lancement d'un grand tirage;
• veillée pascale et début de la vente du logo des fêtes;
• concours de jeunes talents;
• semaine des sucres;
• exposition d'artisanat et lancement du concours de vieilles recettes;
• hommage aux femmes: souper, danse, prix...
• concerts par les chorales de la paroisse;
• souper du troisième âge et lancement du concours de vieilles photos;
• cirque et manège au grand chapiteau;
• tournoi de golf;
• fête populaire et feu d'artifice (24 juin);
• pièce de théâtre et couronnement de la chanson-thème;
• messe anniversaire du 125° par M9r Charles Valois et dévoilement de la plaque commémorative;
• concert instrumental;
• olympiades d'été et bal des guenillous;
• soirée des autorités civiles;
• soirée disco;
• journée de l'Action de grâce;
• fête de la jeunesse;
• soirée des lauréats des différents concours;
• messe de clôture (25 décembre).
La consécration de l'église

Cette plaque commémorative et les candélabres qui accompagnent les croix de la consécration sont une oeuvre de M. Jean-Marie Guay, paroissien.
Samedi, le 5 août 1978. dans le cadre des fêtes du 125e anniversaire1 l'église reçoit la même considération qu'une personne. Elle est baptisée, confirmée et consacrée lors d'une cérémonie religieuse haute en couleurs, présidée par l'évêque du diocèse de Saint-Jérôme, Mgr Charles Valoîs. Une telle cérémonie n'arrive qu'une fois dans l'histoire d'une église.
Agrandissement du cimetière
Le 21 janvier 1983, devant M0 Raoul Lupien, la Fabrique acquiert par voie d'expropriation un terrain appartenant à M. Helmut Hanz, homme d'affaires allemand. Le terrain adjacent au cimetière est désigné sous le numéro 391-1. Son acquisition vise l'agrandissement du terrain acquis en 1931 de M. Léopold Cyr. La subdivision en petits lots d'une fraction du terrain nouvellement acquis est due à la générosité d'un paroissien, M. Jean-Marie Guay.
Mr Charles Valois procède, le 19 juin 1983, à la consécration de la partie ajoutée à l'ancien cimetière. Plus tard, soit le 30 octobre de la même année, le curé Adam préside un office tout simple : la bénédiction du columbarium situé dans l'agrandissement. Il regroupe 60 cubes en cuivre de 34 cm chacun, destinés à recevoir des urnes funéraires.
L'état de la voûte préoccupe les autorités
À peine quinze années se sont-elles écoulées depuis le «grand ménage» de 1967 que déjà le plâtre de la voûte laisse deviner de sérieuses infiltrations d'eau. À plusieurs endroits, on constate que les fissures s'agrandissent. Un jour, ce que l'on craignait le plus se produit. Une partie de la voûte, du côté de l'avenue de l'Église, se détache et s'écrase sur le parquet de la nef. Fort heureusement, il n'y a personne dans l'église.
Une campagne de financement
Le 3 mai 1984, pour lancer une grande campagne de financement, l'église, par la plume du curé Jean Adam, s'adresse aux paroissiens en ces mots :
Mes très chers enfants,
C'est votre vieille «mère-église» qui vous parle présentement. Vous savez sans doute que je porte quatre-vingt ans d'âge, depuis ma conception dans Saint-Sauveur. J'ai donc dû subir, moi aussi, des ans les «irréparables outrages» !
Mon toit est devenu perméable aux intempéries, ma voûte tombe par «grand-galettes» dans les bancs et mes murs se sont lourdement lézardés.
Si je m'adresse à vous, c'est que je sais qu'au fond vous m'aimez bien et qu'ensemble vous pouvez me redonner ma jeunesse et me rénover pour le prochain demi-siècle. Vous êtes fiers de moi et je le suis aussi infiniment de vous. Je vous aime beaucoup moi aussi et je tiens à continuer ma mission : celle de vous accompagner, depuis votre naissance à la Vie intime de Dieu jusqu'à votre dernier repos. Toute votre vie durant, je veux être là, pour vous apporter la Tendresse de votre Père, sa Miséricorde infinie et sa Parole de Vie. Je veux vous réunir le plus souvent possible et vous offrir le Pain des forts; je veux enfin vous rappeler que Je Seigneur vous attend tous dans l'au-delà. Vous n'allez pas me laisser tomber, dites !
L'objectif de la campagne est de recueillir 330 000 $ pour réparer le toit de l'église, refaire la voûte, assurer une meilleure isolation et exécuter tous les travaux connexes. De nombreux bénévoles, répétant le slogan «GRÂCE À TOIT», partent en campagne. Après de longues démarches, le gouvernement fédéral garantit une subvention de 200 000 $. 11 faut donc recueillir la différence, soit 130 000 $.
Grâce à la générosité des paroissiens et des «distingués visiteurs», on amasse 130 483 $. Messieurs les Marguilliers signent le contrat de réparation et de rénovation de l'église avec M. Pierre Travaillaud, entrepreneur général. Les travaux sont supervisés par le bureau d'architectes Robillard, Jetté et Chouinard. L'exécution des travaux a entraîné des dépenses de 302 584 $.
Vente d'un surplus de terrain
Le 14 janvier 1989, la Fabrique, dûment autorisée par l'évêché de Saint-Jérôme, vend une partie du lot 391-1 (149 304 pieds carrés) aux Habitations Populaires de la Vallée de Saint-Sauveur, organisme supporté par le Mouvement Desjardins. On projette la construction de «condos» pour les personnes de 55 a.ns et plus. Le projet ne s'est jamais réalisé.
Une découverte macabre
En juillet 1991, la compagnie Gaz Métropolitain installe dans certaines rues de Saint-Sauveur-des-Monts un réseau d'alimentation en gaz naturel pour les commerces qui désirent utiliser ce système de chauffage. Or, le creusage pour enfouir les conduites de gaz donne lieu à une découverte macabre. Sur l'avenue de l'Église, en face de la boulangerie Pagé, on met à jour des ossements humains.
L'alarme est sonnée. Journaliers et patrons cessent les travaux qui ne reprendront que lorsque la Sûreté du Québec aura fait la lumière sur la présence de ces ossements humains.
Grâce à Mme Marielle Chartier, secrétaire au presbytère, qui connaît bien la petite histoire de son patelin, l'énigme est vite résolue. Ces ossements humains proviennent de l'ancien cimetière qui longeait l'église jusqu'à 1932. Ce sont des ossements qui ont échappé à l'exhumation. Au cours des ans, la rue s'est élargie d'une quinzaine de pieds en empiétant sur le terrain du cimetière.
Décès du curé Adam
Souffrant de troubles respiratoires sérieux, le curé Adam est transporté d'urgence à l'hôpital de Saint-Jérôme dans la nuit du 2 décembre 1992. Le 5 décembre, il rend son âme à Dieu à l'âge de 68 ans. Ses proches et ses paroissiens savaient depuis longtemps qu'une maladie sournoise minait cet homme tant connu dans les Laurentides. Pour décrire la cérémonie des funérailles, nous empruntons le texte de
M. Gilles Ménard, publié dans le Journal de la Vallée du 1O décembre 1992.
Des funérailles grandioses
Les funérailles du curé Jean Adam ont eu lieu mardi, le 8 décembre dernier, fête de l'Immaculée Conception. Plus de 60 prêtres, amis du curé Adam, concélébraient la messe présidée par Mgr Gilles Lussier, évêque de Joliette. M. Lussier était assisté de Mr Georges Blais, vicaire général du diocèse et de l'abbé Ulysse Desrosiers, proche collaborateur et ami du curé Adam. Le Cardinal Paul Grégoire, ex-archevêque de Montréal et Mgr Charles Valois, évêque du diocèse de St-Jérôme, rehaussaient de leur présence cette grandiose cérémonie.
L'église était bondée de fidèles amis et de paroissiens désireux de témoigner leur amitié et leur admiration à leur pasteur en poste depuis près de 25 ans. L'homélie a été prononcée par Mgr Lussier. La chorale a interprété de magnifiques chants tout au long de la messe, dont le classique Ave Verum et Adoramus Te de Théodore Dubois. Ghislaine Néron touchait l'orgue et a interprété un magnifique chant de circonstance, «Ceux qui s'en vont, ceux qui nous laissent». La chorale était dirigée par M. Auguste Chatelain. Me Raoul Lupien et le soussigné ont rendu un hommage au curé Adam, hommage qu'il s'était grandement mérité par le don de sa personne jusqu'à la limite de ses forces. Il est mort en devoir.
Le curé Adam a laissé des traces indélébiles dans notre communauté. Durant les dernières semaines, il était visiblement exténué. Il poursuivit néanmoins son ministère, visitait les malades et consolait les parents des défunts. Les gens d'ici et les distingués visiteurs, comme il les appelait affectueusement, le manqueront assurément.
Une succession difficile
On succède à un homme-orchestre comme Jean Adam, on ne le remplace pas. À la mort du curé Adam, survenue le 5 décembre 1992, l'abbé Ulysse Desrosiers, ami du curé défunt, assume la totalité des responsabilités pastorales et administratives, secondé par des marguilliers qui se dépensent sans compter en attendant que les autorités de l'évêché désignent un successeur à la cure de Saint-Sauveur.
Répondant au voeu de Mgr Valois, le Père Maurice Brisebois, c.s.v. prend temporairement charge de la paroisse orpheline tout en conservant la cure de Sainte Anne-des-Lacs. Les semaines passent, les paroissiens sont toujours dans l'attente d'un nouveau curé. Enfin, le 8 février 1993, l'évêque de Saint-Jérôme désigne M. l'abbé Yvon Aubry, quinzième curé de la paroisse de Saint-Sauveur. Toutefois, on les informe que le nouveau curé ne pourra entrer en fonction avant la ·fin de l'année scolaire, étant lié par contrat avec la Commission scolaire de Saint-Jérôme.
Le Conseil des marguilliers, désireux d'accueillir le nouveau curé dans la joie, invite paroissiens et visiteurs à une soirée «portes ouvertes», samedi le 31 juillet. Les deux chorales, celle des adultes et celle des jeunes, sont mises à contribution. Les marguilliers ont fait réparer l'orgue, silencieux depuis une vingtaine d'années.
M. Roland Germain, organiste chevronné et compositeur, touche les claviers et interprète des oeuvres de grands maîtres.
Le lendemain, à la messe de 10 heures, la chorale des adultes chante une messe harmonisée par M. Roland Germain. Mgr Charles Valois préside l'assemblée et présente officiellement l'abbé Yvon Aubry aux paroissiens de Saint-Sauveur. L'abbé Aubry arrive du monde scolaire où il était professeur de sciences religieuses et animateur de pastorale, tout en gardant un lien avec la paroisse de Sainte-Sophie dont la responsable est une religieuse.
Pour le curé Aubry, qui en est à sa première cure, la vie n'est pas facile. Les journaux locaux parlent d'une crise de mutation. Alors que tout semble plus harmonieux, dimanche, le 17 juillet 1994, les paroissiens apprennent que leur curé a démissionné, ne voulant pas être la cause d'une division au sein de la communauté chrétienne. Du même coup, on les informe que Mgr Valois vient de désigner son vicaire général, Mgr Georges Blais, seizième curé de Saint-Sauveur.
LES CURÉS DE SAINT-SAUVEUR

Julien-Gédéon Watier, de 1853 à 1856
Né aux Cèdres le 25 janvier 1820, Gédéon Watier est le fils de Pierre Watier et de Josephte Montpetit. Ordonné prêtre à Montréal le 5 septembre 1850, il débute comme vicaire à Saint-Jacques-de-l'Achigan. Après cette première mission, il est curé à Saint Ca.lixte. Le 3 août 1853, M9r Bourget le nomme curé à Saint-Sauveur.
Jean-Baptiste Lemonde, de 1856 à 1859
Jean-Baptiste Lemonde est né le 31 juillet 1823 à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville. Il est le fils de Michel Lemonde et d'Ursule Fournier. Après son ordination, le 24 décembre 1851, il est nommé vicaire à Saint-André. L'année suivante, il est vicaire à Saint-Placide, puis à Boucherville. En 1856, il succède à M. Watier à Saint-Sauveur.
Médor Caisse, de 1859 à 1864
M. Caisse est né le 26 mars 1827 en la paroisse de la Conversion de Saint-Paul, de Joseph Caisse et de Pélagie Hervieux. Ordonné prêtre à Montréal le 3 décembre 1854, il est affecté au poste de vicaire à Saint-Jean-Chrysostôme, puis à Saint-Barthélemy. En 1859, M. Caisse est nommé curé à Saint-Sauveur.
Thomas Dagenais, de 1864 à 1874
L'abbé Dagenais est né au Sault-au-Récollet, aujourd'hui Saint-Léonard, le 24 décembre 1832, du mariage de François Dagenais et de Marie-Madeleine Corbeil. Il est le troisième d'une famille de dix-neuf enfants. Après des études prima.ires à l'école de
rang, il fait son cours classique au séminaire de Sainte-Thérèse. De là, il se dirige au Grand Séminaire de Montréal pour des études théologiques. Ordonné prêtre dans sa paroisse natale par M9r Bourget le 18 décembre 1858, il est successivement vicaire à Varennes, à Saint-Timothée et à Saint-Jérôme. De 1864 à 1874, il est curé à Saint Sauveur. D'ici, il va prendre charge de la paroisse de l'Achigan, où il reste jusqu'en 1904. Il décède le 11 avril 1919, après quinze années de retraite.
Adolphe Jodoin, de 1874 à 1891
M. Jodoin est né à Boucherville, le 28 juin 1836; il est ordonné prêtre à Montréal le 30 octobre 1864. Après la cure d'Ormstown, de 1870 à 1874, il consacre les dix-sept dernières années de sa vie à la paroisse de Saint-Sauveur, où il a laissé le souvenir impérissable du bon curé de campagne.
Joseph Gaudet, de 1891 à 1893
Originaire de Saint-Jacques-de-l'Achigan, il fait ses études classiques au collège de !'Assomption et sa théologie au Grand Séminaire de Montréal. M9r Bourget l'ordonne prêtre le 8 septembre 1867. Après quelques mois comme vicaire à Varennes, il retourne à son Alma Mater, où il occupe divers postes de 1869 à 1885. L'année suivante, il se retrouve à Manchester, dans le New-Hamsphire. À son retour au Québec, il est vicaire à Saint-Jean-de-Matha, puis curé à Saint-Zénon de 1886 à 1891 et à Saint-Sauveur pendant deux ans. Avant de mourir retraité à !'Épiphanie, il dirige la paroisse de Repentigny de 1893 à 1902.
Philibert Saint-Pierre, de 1893 à 1909
Natif de la paroisse de Saint-Raphaël, à l'Île-Bizard, ses parents, Isidore Saint Pierre et Anastasie Legault, l'élèvent dans la foi et l'accompagnent à l'autel alors qu'il est ordonné prêtre à Montréal, le 24 août 1880. Après quelques années comme vicaire, il est à la tête de la paroisse de Sainte-Emélie, de 1886 à 1893. De 1893 à 1909, il est à Saint Sauveur où il se dépense sans compter à la construction de l'église actuelle. À peine cinq ans après l'inauguration de son église, il meurt et est inhumé dans le cimetière paroissial le 31 décembre 1909.
Louis-Aldéric Desjardins, de 191o à 1915
Né à Sainte-Thérèse-de-Blainville, le 21 décembre 1871, de Moïse Desjardins et d'Osithe Proulx, après son cours primaire il fait des études classiques dans sa ville, avant de se diriger au Grand Séminaire de Montréal où il reçoit l'ordination sacerdotale le 13 octobre 1895. D'abord économe et assistant-procureur à son Alma Mater, de 1895 à 1900, il poursuit des études supérieures à Rome et à Paris. À son retour sur le sol québécois, il enseigne la philosophie et la théologie à Sainte-Thérèse de 1903 à 1905. Nommé aumônier à l'Académie Saint-Louis-de-Gonzague pendant un an, il doit prendre une année de repos. Aumônier à la maison-mère des Religieuses du Bon-Pasteur de 1907 à 1910, il arrive à Saint-Sauveur le 5 janvier 1910 où il est curé pendant cinq ans.
Joseph-Ubald Labelle, de 1915 à 1921
Les archives paroissiales ne contiennent aucune note biographique sur cet homme qui fut le neuvième curé de la paroisse. De 1915 à 1921, il s'acquitte de ses devoirs de pasteur d'une façon remarquable. Quittant Saint-Sauveur, il se rend à Saint-Augustin où il dirigera la paroisse pendant sept ans. Le 24 septembre 1928, M9r Georges Gauthier le nomme curé de Sainte-Geneviève. Il y restera jusqu'en 1944. Malade, il se retire et meurt le 21 juillet 1949, à l'âge de soixante-treize ans.
Joseph-Eugène Gohier, de 1921 à 1939
Natif de Saint-Hippolyte, il fait ses études classiques au séminaire de Sainte Thérèse. Sa philosophie terminée, il fait trois années de théologie chez les Messieurs de Saint-Sulpice à Montréal. Par la suite, il fait une «année de salle» au séminaire de Sainte Thérèse. Il est admis au sacerdoce le 29 juin 1904. Successivement, il est professeur à son Alma Mater, vicaire à Terrebonne de 1908 à 1911 et vicaire à Varennes de 1911 à 1913. Il devient curé-fondateur de Saint-Amable en 1913. En 1921, il quitte cette cure pour prendre celle de Saint-Sauveur. Après dix-huit années à se dépenser pour ses paroissiens, il s'éteint le 23 juillet 1939 à l'âge de soixante-huit ans.
Aquila Éthier, de 1939 à 1945
Né à Sainte-Rose le 3 décembre 1885, M. Aquila Éthier fait ses études classiques à Sainte-Thérèse. Au terme de ses études théologiques à Montréal, il reçoit l'ordination sacerdotale le 29 juin 1913. Pendant les quarante années de son apostolat, il occupe divers postes : professeur à son Alma Mater, vicaire à Sainte-Geneviève et à Sainte Cunégonde, premier aumônier de l'hôpital Saint-Luc (1933) et aumônier de l'École industrielle de Notre-Dame-de-Liesse pendant six ans. De 1939 à 1945, il est curé de Saint-Sauveur, puis de Saint-Irénée, de 1945 à 1952. Fatigué, il prend alors sa retraite.
Charles-Édouard Toupin, de 1945 à 1957
Charles-Édouard Toupin est né à Saint-Blaise le 12 octobre 1895, de Louis Toupin et de Joséphine Roy. C'est au collège de !'Assomption qu'il fait ses études classiques et sa théologie, au Grand Séminaire de Montréal. Mgr Georges Gauthier l'ordonne prêtre le 30 mai 1920. À l'Université de Montréal, il est un des premiers à obtenir un doctorat en philosophie. Successivement, il est vicaire à la paroisse du Très-Saint-Nom-de-Jésus de 1920 à 1939, professeur à l'Université de Montréal de 1931 à 1944, aumônier à !'Hôpital Notre-Dame-de-Lourdes et au Pensionnat d'Hochelaga. Quittant le pensionnat, il est accueilli comme professeur à l'Institut pédagogique Saint-Georges et à l'École ménagère provinciale. De 1945 à 1957, il est à la tête de la paroisse de Saint-Sauveur. Son évêque le nomme vicaire forain le 28 décembre 1954, puis chanoine honoraire du diocèse de Saint-Jérôme huit mois plus tard. Le 19 septembre 1957, il se retire chez ses soeurs à Montréal.
Rosario Laurin, de 1957 à 1969
Né le 15 août 1897 à Saint-Hermas, de Cyrille Laurin et d'Amenda Graton, Rosario Laurin est ordonné prêtre le 29 juin 1922 en la cathédrale de Montréal par Mgr Georges Gauthier. On le retrouve à Sainte-Thérèse où il est professeur en 1922 puis vicaire de la même paroisse. La paroisse de Saint-Eusèbe l'accueille comme vicaire en 1933. Successivement, il est nommé curé à Sainte-Anne-des-Lacs en 1945, à Mont-Rolland en 1951 et, enfin, à Saint-Sauveur en septembre 1957. Son évêque le nomme vicaire forain, puis chanoine honoraire du diocèse de Saint-Jérôme le 1er juin 1958. Le 5 avril 1969, il démissionne de la cure de Saint-Sauveur pour prendre sa retraite à Mont-Rolland où il meurt cinq ans plus tard.
Jean Adam, de 1969 à 1992
Né le 19 août 1924, Jean Adam est le füs de René Adam et de Georgianna Dubé. Après ses études primaires à l'école Saint-Gérard (Saint-Alphonse-d'Youville) et à l'école Lamennais (Saint-Édouard), il entreprend ses études classiques au Séminaire de Sainte Thérèse et sa théologie au Grand Séminaire de Montréal. Avec une licence en théologie obtenue en 1950 il s'inscrit à l'École Normale Jacques-Cartier, où il obtient un brevet A d'enseignement ainsi qu'une licence en pédagogie. C'est à son Alma Mater, le Séminaire de Sainte-Thérèse, qu'il passe les quatorze premières années de sa vie sacerdotale. En 1964, M9r Émilien Frenette le nomme aumônier de l'École régionale des Laurentides. Pour occuper ses loisirs, il prêche des retraites et anime des cours de préparation au mariage. Le 1er avril 1969, il prend charge de la paroisse de Saint-Sauveur. Fatigué, affaibli par une maladie sournoise, le dynamique curé décède le 5 décembre 1992.
Yvon Aubry, de 1993 à 1994
Originaire de la paroisse de Notre-Dame-du-Rosaire de Montréal, Yvon Aubry, fils de Léopold et de Laurette Faillon, est né le 26 septembre 1939. Après ses quatre premières années d'étude passées à l'école de rang de Sainte-Thérèse, il est à Saint Augustin pendant un an et revient à Sainte-Thérèse, à l'école Saint-Gabriel. De 1954 à 1962, il fait ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse. Au terme de ces études, il entre au Grand Séminaire pour se préparer au sacerdoce. M9r Emilien Frenette l'ordonne prêtre le 14 mai 1966. Il est d'abord nommé vicaire à la Cathédrale de Saint Jérôme. De 1967 à 1993, à la Commission scolaire de Saint-Jérôme il enseigne la catéchèse et est responsable de la pastorale. Successivement, on le retrouve comme prêtre-célébrant dans les paroisses de Sainte-Paule, Sainte-Marcelle, Notre-Dame et Sainte-Sophie. Pendant six ans, tout en oeuvrant dans les écoles, il est aussi responsable diocésain de la formation des futurs prêtres.
Nommé curé à Saint-Sauveur le 8 février 1993, il n'entre en fonction que le 31 juillet 1993 à cause d'un contrat de travail qui le lie avec la Commission scolaire de Saint-Jérôme. Au terme d'une première année, il démissionne et quitte la paroisse le 31 juillet 1994.
Nos vicaires
Louis-P. Roy, de mars 1936 à septembre 1937. Martin-J. Lorrain, de septembre 1937 à octobre 1945. Albert Millette, d'octobre 1945 à juillet 1946.
L. Daigle, de septembre 1946 à septembre 1947.
Raymond Ethier, de 1959 à 1970.
LES VOCATIONS SACERDOTALES ET RELIGIEUSES
Prêtres natifs de Saint-Sauveur
Achille Beauséjour, ordonné le 6 juin 1925. Alexandre Maillé, ordonné le 12 mars 1927. Roméo Beauséjour, s.j., ordonné le 12 août 1934. Louis Forget, ordonné le 9 juin 1940.
Yvan Trottier, ordonné le 3 juin 1943. Roland Forget, ordonné le 19 mars 1944.
Les vocations religieuses issues de Saint-Sauveur
Ayant grandi dans la foi, des jeunes filles de la paroisse se dirigent vers des communautés religieuses.
Alary, Vitaline / Soeur Vitaline Alary Allaire, Albine / Soeur Marie-de-la-Sainte-Eucharistie Allaire, Fernande / Soeur Marie-Eucharistie Allaire, Hermine / Soeur Marie-Aldégonde Allaire, Jeanne / Soeur Lucien-Marie-du-Calvaire Beauséjour, Alice / Soeur Alphonse-Marie Filion, Albertine / Soeur Laura-Marie Filion, Jeanne / Soeur André-Hormidas Foisy Simonne / Soeur Thérèse-de-la-Trinité Foisy, Yvonne / Soeur Marie-de-la-Protection Forget, Amanda / Soeur Marie-Cécilien Forget, Azilda / Soeur Marie-Appolinaire Forget, Léa / Soeur Marie-Cécilien Forget, Marie-Louise / Soeur Marie-Eucharistie Gladu, Agnès / Soeur Jean-Berchmans Gratton, Georgiana / Soeur Georgiana Gratton Gratton, Noëlla / Soeur Noëlla Gratton Latour, Alice / Soeur Louis-Aldéric Paquette, Marguerite / Soeur Saint-Cyrille Porcheron, Rolande / Soeur Anne-Josèphe
ANNEXE
BAPTÊMES, SÉPULTURES ET MARIAGES
Le tableau ci-dessous nous renseigne sur les baptêmes, sépultures et mariages à Saint-Sauveur de 1853 à nos jours. Dès l'ouverture des registres paroissiaux en 1853, on enregistre une montée constante des naissances qui atteindra un premier sommet de 130 baptêmes en 1867 et un second de 131 en 1992. Si on fait la somme, on obtient un grand total de 1O 399 baptêmes pour les 140 ans de la paroisse, soit une moyenne annuelle de 74 baptêmes.
Pour les sépultures, le taux de mortalité est assez stable. Toutefois, il atteint des points culminants : en 1867, 67 décès; 1885, 70 décès; 1907, 69 décès; et 1993, 62 décès. On obtient un grand total de 4 966 sépultures durant la période, avec une moyenne annuelle de 35 décès.
Le nombre des mariages célébrés à Saint-Sauveur, après une stabilité durant les quarante premières années connaît des sommets : 24 en 1884; 21 en 1893; 24 en 1951; et 60 en 1976. Pendant cent quarante ans, l'église a béni 2 577 mariages, soit une moyenne annuelle de 18 mariages.
Tant pour les baptêmes que pour les mariages, les chiffres du tableau n° 1, plus particulièrement depuis 1980, ne donnent pas une image réelle. Les chiffres présentés incluent les baptêmes et les mariages de non résidants ou villégiateurs.





LM-064-08




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