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L'ÉGLISE ACTUELLE DE LA PAROISSE DE SAINT-SAUVEUR-DES-MONTS

  • 26 nov. 2025
  • 3 min de lecture

L'abbé Philibert Saint-Pierre fut le septième curé de la paroisse; il l’administra de l893 à l9O9.


Au cours de ces seize années, le curé Saint-Pierre accomplit beaucoup d'œuvres durables; celle qui a le plus contribué à perpétuer sa mémoire est sans doute la construction de l'église actuelle.


En octobre 1903, Saint-Sauveur-des-Monts avait cinquante ans: jubilé d'or. La vieille chapelle avait été durement ravagée par la foudre en 1895. En attendant de construire, on se contentait d'exécu­ter les réparations les plus urgentes. Lors de sa visite pastorale, l'évêque de Montréal exhorta les fidèles à prendre les mesures nécessaires en vue de construire leur église. La pauvreté commune fit retarder encore de huit ans l'exécution de ce projet.


Sous l'impulsion dynamique du curé Philibert Saint-Pierre, les paroissiens s'efforçaient de verser les paiements suggérés par la Fabrique en vue de constituer les fonds nécessaires. La majorité des gens pensaient qu'on reconstruirait EN BOIS. Grande fut leur surprise quand ils apprirent qu'il s'agissait d'une église en pierre. Du coup, l'opinion se gâta: "Une église en pierre évaluée à $25,000, à Saint­-Sauveur, en 1903... c'était la ruine des paroissiens. Le projet allait mettre les paroissiens "dans le chemin"! La nouvelle se propagea comme une traînée de poudre.


Le curé Saint-Pierre, lui, gardant son calme légendaire, écoutait les arguments pour ou contre le projet, prêtait l'oreille aux discussions, se rendait compte de la grande importance du projet, sur­tout, cherchait les arguments et la manière opportune de les présenter, de façon à calmer les esprits et à se rallier l'opinion des paroissiens.


Un dimanche qu'il se sentait prêt à porter le grand coup, il monta en chaire et d'un ton persuasif, il rappela à ses paroissiens les raisons d'élever à Dieu la plus belle maison du village. Leur foi vive, leur esprit de religion, leur sens pratique, etc... devaient les pousser à bâtir un temple au Sauveur, patron de la paroisse. Avant de descendre de chaire, le curé annonça une assemblée de paroisse immédiatement après la grand-messe. La messe terminée, il courut prendre une bouchée au presbytère et revint rejoindre les paroissiens réunis. Sans hâte, il allait de groupe en groupe, discutant aimablement avec les uns et les autres. Puis, il ouvrit l'assemblée. Après les explications d'usage, il posa la question: "Mes bons amis, tout le monde est favorable au projet de construire une église en pierre?" C'était en somme la proposition de vote, vote ouvert selon la coutume du temps. Tous comprirent. Les opposants, s'il s'en trouvait, devaient se prononcer en se déta­chant du groupe pour se ranger à part. Personne ne bougea.


Quelques instants de silence... M. le curé promena sur l’assemblée un regard de satisfaction accompagné d'un large sourire, puis il dit: "Tout le monde d'accord? Le projet est voté à l’unanimité." Le curé s'avança radieux vers ses paroissiens, les félicita chaleureusement. Puis, on leva l'assemblée. On sait qu'avant d'entendre la phrase magique... les trois quarts, même les quatre cinquièmes des paroissiens étaient contre le projet. Le prestige, la diplomatie, les bonnes manières du curé avaient créé l'unanimité.


La vieille chapelle fut traînée sur des rouleaux tout près du presbytère et servit aux exercices du culte pendant la durée des travaux. Les syndics choisis pour la nouvelle construction furent: F.-X. Clouthier, président; Adélart Forget et Edmond Brosseau. MM. Alexandre Constantineau, François-Xavier Filion et André Léonard étaient "Marguil­liers de l'oeuvre. Les plans dressés par M. Casimir Saint-Jean, architecte de Montréal, prévoyaient un rectangle de cent soixante-treize pieds (173 de longueur sur cinquante-cinq (55) de largeur.


G. Boileau & Cie de 1'Île Bizard, acceptait le contrat pour la somme de $25,000. Les travaux durèrent un peu plus d'un an. Le 4 septembre 1904, la somme entière votée était entièrement dépensée. Les contribuables autorisaient un emprunt de $5,000. Le 6 novembre 1904, la première messe fut célébrée dans la sacristie de la nouvelle église et le 4 décembre suivant, dans l’église même. Saint-Sauveur-des-Monts pouvait être fier de son église. Elle avait coûté des efforts, hélas! des deuils aussi. Un terrible accident causa la mort de trois ouvriers: Joseph Aubry (fils de Stanislas Aubry), Abel Charron (fils de Nelson Charron), Edmond Massy (de Saint-Hippolyte). Un jeune homme, Josaphat Charron, se cassa les deux bras dans le même accident. Pendant la construction des murs, les manœuvres servant les maçons avaient trop chargé les échafaudages; ceux-ci s'effondrèrent, entraînant la mort de trois hommes.


La bénédiction solennelle de l'église n'eut lieu que le 25 mai 1905 par Mgr Zotique Racicot, évêque auxiliaire du diocèse de Montréal.


L'église de Sauveur-des-Monts fêtera donc ses quatre-vingts ans le 25 mai 1985.


Tiré de L'ALBUM-SOUVENIR DU CENTENAIRE (1953)


C. Lacasse pour la S.H.P.H.


LM-021-10

 
 
 

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