Historique d’un emplacement (195, rue Principale)
- Mélanie Tremblay
- 8 déc. 2025
- 3 min de lecture
Par Lucien Galipeault (002)
Certains résidents de Saint-Sauveur se souviendront de différentes affectations de cet immeuble de la rue Principale. La lecture des procès-verbaux des municipalités de Saint Sauveur et de Saint-Sauveur-des-Monts nous apprend qu'avant d'être occupée par "Les Presses du Monde" cette bâtisse servit successivement de résidence familiale, de lieu d'assemblées du Conseil, de salle municipale, d'hôtel de ville et de commerces.
En 1870, une modeste maison vacante, sans histoire, occupait cet emplacement, propriété d'Édouard Charbonneau, marié à Appoline Sigouin. Son propriétaire était assidu aux assemblées du Conseil municipal tenues alors dans des maisons privées. Informé par Louis-Léon Loranger, secrétaire trésorier de la municipalité, que le Conseil était à la recherche d'un endroit permanent pour la tenue des futures assemblées, il lui offrit sa maison sur le champ.
Si les murs pouvaient parler, ils nous raconteraient certaines anecdotes des réunions du Conseil alors présidées par Basile Cloutier. Ils nous diraient que de 1870 à 1873, il n'en coûtait que quarante cents par réunion du Conseil formé de MM. Célestin Bisson, Olivier Charron, Francois Raymond, Pierre Filiatrault, Jean-Baptiste Lafleur, Adolphe Labelle. En 1890, le Conseil, présidé par François-Xavier Clouthier, décida d'acquérir la propriété. La transaction entre M. Charbonneau et la Municipalité de la paroisse de Saint-Sauveur fut finalisée avant la fin de l'année.
À cette époque, toutes les assemblées du Conseil se tenaient durant la journée pour la simple raison que l'électricité ne fut installée qu'en 1923. Pour la même raison, le secrétaire, Edmond Brosseau, exerçait ses fonctions à sa résidence personnelle. Si, à compter de 1890, Saint-Sauveur avait sa salle municipale, ce n'était pas encore un hôtel de ville avec des services organisés.
C'est dans cet immeuble que le Conseil du temps, dirigé par le maire Charles Aubry, accepta, par résolution, le démembrement de la Municipalité de la paroisse de Saint-Sauveur au bénéfice de l'incorporation de la Municipalité de Piedmont. le 23 septembre 1923. Le premier Conseil de cette nouvelle municipalité était composé du maire, M. Félix Boisseau, des conseillers : MM Gustave Forget, Alphonse DeKoninck, Daniel O'Shaughnessy, Odessa Lalande, Dumont Charbonneau et Phydime Beauséjour.
Le 21 janvier 1926, le Conseil municipal de la paroisse de Saint-Sauveur, dirigé par le maire Joseph Chevalier, et composé de MM. Anthime Filion, Joseph Trottier, Ovila Pagé, Aldéric Foisy et Félix Paquin, prit connaissance d'une demande d'incorporation du territoire du "village" adressée au lieutenant-gouverneur de la Province de Québec. La requête portait la signature de 59 propriétaires d'un ou de lot(s) situés sur le territoire désigné dont celle de trois membres du Conseil qui justifiaient leur geste par l'impossibilité de développer leur territoire (le village) à cause de la position arrêtée de certains élus et des francs-tenanciers de la campagne qui ne partageaient pas nécessairement les vues des gens du " village ". Le Conseil accusa réception et s'engagea à ne pas porter obstacle à la requête. Le 29 juillet de la même année, les lettres patentes d'incorporation du Village de Saint-Sauveur-des-Monts reçurent le grand sceau de la Province de Québec. Le premier Conseil de la nouvelle municipalité était composé de M. Joseph Chevalier, maire et des conseillers: Clovis Desjardins, Télesphore Gauvreau, Joseph-Edouard Foisy, et Anthime Filion .
Un acte notarié impliquant les deux municipalités établit la copropriété de la présente bâtisse qui tiendra lieu d'hôtel de ville pour les deux organismes. La cohabitation cessa en 1951 alors que la municipalité du Village de Saint-Sauveur-des-Monts inaugura de nouveaux locaux sur l'avenue Filion.
En 1973, des travaux de rénovation de l'intérieur de l'immeuble obligèrent le Conseil de la municipalité de Saint-Sauveur à tenir ses assemblées pendant quelque temps dans la salle de l'école Saint-Édouard. Trois ans plus tard, en juillet, M. Adélard Boulay, entrepreneur, rénova la façade de la bâtisse.
En 1980, la municipalité de la paroisse se départit de cette propriété en la vendant, suite à un appel d'offres, à M. Daniel Hénault qui y exploita un commerce de photographie.
Maires qui siégèrent dans cet immeuble:
Saint-Sauveur (paroisse)
MM. Basile Clouthier (1870-1873)
William Sloane (1873-1876)
Herrier Forget (1876-1879)
L.-A. Filiatrault (1879-1885)
François-Xavier Clouthier (1885-1921)
Charles Aubry (1921-1923)
Joseph Chevalier (1923--1926)
Joseph Trottier (1926-1927
Aldéric Foisy (1927-1935)
Damien Trottier (1935-1944)
Jérôme Desjardins (1944-1953)
(1957-1959)
Georges Pagé (1953-1955)
Albini Filion (1955-1957)
Joseph Amico (1959-1963)
Henry H. Briffett (1963-1986)
Saint-Sauveur-des-Monts (village)
Joseph Chevalier (1926-1932)
Joseph-Edouard Foisy (1932)
Joseph-Octavien Lapointe (1933-1937)
(1940-1943)
(1944-1945)
Télesphore Gauvreau ( 1937-1939) Armand Leduc ( 1939-1940) Télesphore Fournel (1943-1944)
Joseph-Édouard Bernard (1945-1948)
Léopold Cyr (1948-1950)
Liste des secrétaires-trésoriers
Saint-Sauveur (paroisse)
MM. Louis-L. Loranger (1870-1875)
Vital Mathieu (1875-1885)
Edmond Brosseau (1885-1923)
Adolphe Bélanger (1923-1953)
Raoul Lupien (1953-1973)
Marcel Rainville (1973- 1980)
Saint-Sauveur-des-Monts (village)
Hermola Béliveau (1926-1933)
Adolphe Bélanger (1933-1950)
Maurice Juneau (1950-1951)
Population de la municipalité de la paroisse de Saint-Sauveur
1871, 1845 personnes
1881, 1616
1891, 1460
1901, 1501
1911, 1283
1921, 1331
LM-088-18




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