Saint-Sauveur en bref …
- Mélanie Tremblay
- 8 déc. 2025
- 5 min de lecture
Recherche et textes: Lucien Galipeault (002)
Pour faire la rétrospective des cent cinquante années d'histoire de la vallée de Saint-Sauveur, je me suis astreint à consulter les registres officiels de la paroisse religieuse de Saint-Sauveur, ceux des trois municipalités de la vallée: Saint-Sauveur paroisse, Saint-Sauveur village et Piedmont. Des lectures tantôt arides, tantôt passionnantes, j'ai dégagé les faits saillants qui vous sont présentés sous la rubrique "Saint-Sauveur en bref".
1841
Décès à Saint-Eustache du coseigneur de la Seigneurie des Mille-Îles: Charles-Louis Lambert Dumont. Veuf depuis quelques mois, il laisse une fille unique, Marguerite-Virginie, née le 21 août 1838. Cet enfant hérite de la moitié de la part de la famille Lambert-Dumont dans la seigneurie des Mille-Îles et de son augmentation. À cause de l'âge de la jeune héritière, on lui nomme deux tuteurs: le notaire Frédéric-Eugène Globensky et l'Honorable Gabriel Roy.
1843
Les tuteurs de Virginie Lambert-Dumont chargent l'arpenteur Émery Ferré de Saint-Eustache de délimiter trois concessions dans la partie nord du territoire. Ces trois rangs ou concessions reçoivent respectivement les noms de Saint-Gabriel nord-ouest, Saint-Gabriel sud-est et Saint-Lambert nord-ouest. Puis, l’arpenteur subdivise chacune des concessions en lots de 3 arpents de front par 20 arpents de profondeur.
1844
Dix terres sont arpentées du côté ouest de la rivière du Nord dans l'actuelle municipalité de Piedmont (lots 31 à 61 du cadastre actuel).
1845
Les administrateurs de la jeune héritière concèdent 53 lots arpentés l'année précédente: 10 du côté nord-ouest de la rivière du Nord, 31 dans le rang Saint-Lambert nord-ouest et 27 dans la concession Saint-Gabriel, nord-ouest et 26 au sud-ouest.
1846
27 nouveaux colons s'approprient des lots dans les concessions Saint-Gabriel et Saint-Lambert nord-ouest. Quelques terres des concessions Saint-Godfroy sud-est et nord-ouest arpentées trouvent preneurs dès l'automne. Plus d'une centaine de colons sont déjà établis dans les rangs Saint-Lambert et Saint-Gabriel et des deux côtés de la rivière du Nord. Ces colons relèvent de la paroisse religieuse de Saint-Jérôme dirigée par le curé Georges Thibault. Ces paroissiens éloignés de leur église doivent franchir une vingtaine de milles pour assister à la messe du dimanche, faire baptiser leurs nouveau-nés, se marier et inhumer le corps de leurs défunts.
Une desserte ouverte à Sainte-Adèle offre une alternative aux paroissiens établis plus au sud de la nouvelle mission.
1847
Ouverture officielle de quatre nouvelles concessions: Saint-Lambert sud-est, Sainte-Elmire sud-est, Saint-Godfrey nord-ouest et sud-est. À la fin de l'été, près des trois-quarts des lots des concessions Saint-Gabriel nord-ouest, Saint-Gabriel sud-est et Saint-Lambert nord-ouest avaient trouvé un propriétaire.
1848
Décès du tuteur Gabriel Roy;
Dès lors Frédérick-Eugène Globensky assume seul la charge de tuteur de Virginie.
1850
263 colons sont déjà établis sur le territoire qui, cinq ans plus tard, deviendra la municipalité de la paroisse de Saint-Sauveur: 105 vivent sur des terres du rang Saint-Gabriel; 69 dans le rang Saint Lambert; 38 dans le rang Sainte-Elmire et 51 dans le rang Saint-Godfroy.
Des colons établis sur cette partie de la paroisse Saint-Jérôme rencontrent leur curé et le pressent d'intervenir auprès de l'évêque de Montréal afin qu'une mission soit ouverte sur leur territoire.
Sensible à la demande exprimée par leur curé, Mgr Bourget approuve leur requête le 29 octobre suivant et charge le curé de Saint-Jérôme d'ajouter à ses tâches l'ouverture de la mission désirée sous le vocable de La Circoncision.
Novembre - Les colons de la mission, convoqués en assemblée par leur prêtre desservant, l'abbé Thibault, procèdent à l'élection de syndics chargés de l'érection d'une chapelle sur leur territoire. Sont élus : le curé Thibault et MM. Pierre Forget(te) et Jean-Baptiste Desjardins du rang Saint-Lambert ainsi que Jean-Baptiste Paradis du rang Saint-Gabriel et Louis Beaulieu de la rivière du Nord.
Décembre - Devant le notaire Joseph Filiatrault de Saint-Jérôme, deux propriétaires, Jean-Baptiste et Moïse Desjardins, font chacun don au curé et aux syndics, d'un terrain d'un arpent de largeur sur quatre de profondeur pour la construction d'une chapelle. L'acte notarié stipule que les terrains donnés ne peuvent et ne pourront être utilisés que pour l'érection d'une chapelle et de ses dépendances. À défaut, les donations sont nulles et sans effet. Il est aussi noté que les donateurs seront exempts de toute répartition future.
1851
23 octobre - Suite à une entente intervenue avec les propriétaires de biens-fonds et les syndics de la mission de la Circoncision, une répartition à l'effet d'assurer les argents requis pour la construction de la chapelle est établie. Chaque propriétaire doit signer une reconnaissance de dette de 371 livres (à l'époque, environ 60.00 $).
La même journée, Moïse Desjardins, cultivateur, se voit accorder le contrat de fourniture du bois pour la construction de la chapelle. Alors que les syndics s'apprêtent à ouvrir le chantier, la dissension au sujet du site de l'érection de la chapelle renaît entre les propriétaires du "bas de la côte" et ceux du "haut de la côte". Chaque groupe clame de plus en plus fort ses motifs justifiant la construction de la chapelle dans leur milieu. Au "bas de la côte", on allègue que leur milieu constitue le site idéal considérant l'existence d'un magasin général, d'une auberge, d'une étude de notaire et d'un bureau de médecin. Les contribuables du "haut de la côte" font plutôt valoir une argumentation géographique du fait que le site proposé est plus central. Les deux partis conviennent, devant le curé Thibault, de faire arpenter le territoire et de placer la chapelle au centre du territoire. La démarche révèle que le centre se trouve au lac Millette, juché sur une montagne presque inaccessible. D'emblée, on refuse de bâtir au centre et finalement le site du "haut de la côte" prévaut.
1852
Le curé Thibault déplore que la construction de la chapelle n'avance pas. De plus, les entrées de fonds pourtant promises par les francs-tenanciers font défaut.
12 mars - Le curé Thibault, dans une lettre à son évêque, laisse l'impression de découragement: "Si la gloire de Dieu et le salut des âmes ne m'encourageaient pas, je serais tenté de tout abandonner." Monseigneur Bourget saisit très bien le message du curé de Saint-Jérôme pour lui retirer la responsabilité de la mission de la Circoncision en lui nommant un successeur, l'abbé Éphrem Thérien, curé de Sainte-Adèle.
1853
Octobre - Les syndics mandatent Louis-Narcisse Lauzon, maître-menuisier, de percevoir les billets à ordre et les reconnaissances de dette des francs-tenanciers de la mission. Ce mandat est accordé en vertu d'une entente intervenue entre les propriétaires et les syndics à l'effet d'assurer les argents requis pour la construction de la chapelle. Chaque propriétaire s'est engagé à signer une reconnaissance de dette de 371 livres.
Le fait que la population de Sainte-Adèle vient d'obtenir l'érection canonique de son territoire suscite une réaction chez les colons de Saint-Sauveur, qui rencontrent leur nouveau prêtre desservant, l'abbé Ephrem Thérien, et le chargent de réclamer le même privilège auprès de leur évêque.
3 août - Un curé est enfin accordé à la mission de la Circoncision. Nommé par Mgr Bourget, l'abbé Julien-Gédéon Watier doit entrer en fonction à la fin du mois de septembre.
14 août - À la demande de son évêque, l'abbé Thérien célèbre la première messe dans la chapelle et préside l'élection du premier groupe de marguilliers. Sont élus Raphaël Paquette et Callixte Viau, tous deux de la côte Saint-Lambert et Isidore Charbonneau de la Rivière du Nord.
À son arrivée dans la paroisse, en septembre, le curé Watier, faute de presbytère, s'installe dans la sacristie.
6 novembre - M. Watier est autorisé par les marguilliers et les paroissiens à faire construire, sur le terrain de la Fabrique, une maison de trente par quarante pieds, laquelle lui servira de presbytère.
LM-089-14




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